Le jeu de chaises musicales à la tête des Grands Ports maritimes français se poursuit et la musique n'est pas prête de s'interrompre. C'est désormais confirmé. Jean-Frédéric Laurent arrivera en mars à la tête du port de Bordeaux. Il avait été pourtant reconduit en fin d'année dernière à La Réunion. 

Á la mi-mars 2019, Jean-Frédéric Laurent, l’actuel président du directoire du Grand Port maritime de La Réunion, en poste depuis 2014, rejoindra Bordeaux. Bien qu’ayant été reconduit à la tête La Réunion à l’automne dernier, il a accepté finalement de prendre la succession de Chistophe Masson, actuellement en arrêt maladie. D'ici là, l’interim sera assurée par le directeur financier du GPMB, Renaud Picard.

Avant d’œuvrer à la Réunion, Jean-Frédéric Laurent avait occupé, de juin 2010 à juillet 2014, les fonctions de directeur de la stratégie et du développement au GPM de Dunkerque, avant d’en assurer la direction générale par suppléance.

Il était un port feederisé ...

Á La Réunion, il a notamment accompagné ces dernières années la mutation du port ultramarin dans une autre dimension pour ne pas être feederisé et de facto, condamné au statut de port secondaire. En misant sur le transbordement et en jouant la carte de l'alternative aux ports sud-africains, à l’image de Richards Bay, Durban et Ngqura, qui irriguent en profondeur de vastes arrière-pays, mais sont engorgés et entravés dans leur developpement par le foncier. Il a été aidé en cela par l’armateur CMA CGM, qui en a fait sa plateforme régionale de transbordement et y a consenti d’importants investissements (140 M€ entre 2014 et 2018 fléchés vers la conteneurisation).

Un terminal à conteneurs au tirant d’eau à 14,5 m, livré en 2016 sur le bassin Est du site de la Pointe-des-Galets, un linéaire de quais allongé (de 400 à 640 m) et l'acquisition de portiques pour traiter des grands gabarits lui ont permis de dépasser le cap des 300 000 conteneurs traités (335 349 EVP en 2018) dont 82 621 EVP en transbordement. Le tonnage des conteneurs représente désormais plus de 56 % du trafic total.

À Bordeaux, de multiples défis l’attendent, tant pour réorganiser la manutention verticale, enrayer la spirale baissière des trafics historiques, renouer le dialogue avec la communauté portuaire et les collectivités territoires, que gérer les questions en suspens d’une possible régionalisation de la gouvernance.

M.P., A.D.

 

 La Réunion : Trafic record pour les conteneurs

Un changement à la tête des ports peut en cacher bien d'autres

 

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