Le groupe français spécialisé dans l'offshore pétrolier a demandé à Euronext Paris de procéder à la suspension de sa cotation pour laisser aux administrateurs judiciares analyser l'offre de reprise déposée par une société détenue par un groupe de banques françaises. 

Dans le cadre de la procédure ouverte depuis le 7 août 2019 par le tribunal de commerce de Marseille qui a placé Bourbon Corporation et sa filiale Bourbon Maritime en redressement judiciaire, le groupe de services maritimes annonce que les administrateurs judiciaires ont été saisis d’une offre de reprise, déposée par une société détenue par un groupe de banques françaises, et portant sur les actifs et les activités de Bourbon Corporation, précise le groupe.

« Comme d’autres offres de reprise ou de continuation pourraient être reçues », le groupe français spécialisé dans l'offshore pétrolier a demandé à Euronext Paris de procéder à la suspension de la cotation de ses actions (77 438 846 actions) à compter de ce 9 octobre et jusqu’à la fin de l’analyse des différentes options par la juridiction. 

À l’occasion de la publication de ses résultats semestriels le 26 septembre, marqués par un léger mieux du point de vue de son endettement ‑ les six premiers mois de l'année se sont soldés par une perte nette ramenée à 135,2 M€ contre 197,1 millions un an plus tôt – le groupe avait annoncé, sans plus de précisions, que Deutsche Bank, la plus importante banque allemande, lui avait proposé un apport en « new money ».

En RJ depuis le 9 août

La holding Bourbon Corp. ainsi que sa filiale Bourbon Maritime avaient été placées en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Marseille début août. Une procédure initiée par la direction de l’entreprise pour se mettre à l’abri des actions des principaux créanciers (ICBC Leasing, Minsheng Leasing, Export-Import Bank of China et des porteurs d'obligations de type TSSDI), qui avaient tenté une prise de contrôle en « forçant » le remboursement de leurs créances, de plus de 800 M$ dans un premier temps, une somme portée à plus d'1,2 Md$ « dans une demande additionnelle reçue le 10 septembre », avait précisé la direction générale à l'occasion de la présentation de ses résultats.

La Deutsche Bank, en soutien à Bourbon ?

Assauts

Un consortium de créanciers totalisant ensemble 75 % de la dette du groupe (BNP Paribas, Crédit mutuel Alliance fédérale, Natixis et Société générale et ICBC) avait alors fait une proposition de reprise, telle qu'elle leur assurait de facto 93 % du capital. A laquelle Jacques de Chateauvieux, fondateur historique du groupe et actionnaire principal, qui n'était plus « que » président du conseil d’administration depuis le 14 mars 2018, avait répondu en reprenant la barre opérationnelle de l'entreprise, un plan de restructuration à l'appui. L'homme clé du groupe proposait à ses créanciers deux options de règlement, dont une – dettes non remboursées et obligations de loyers abandonnés – donnait accès jusqu'à 30 % du capital de la holding.

Quand le groupe a subi les assauts du pool de banques, il se remettait difficilement à flot après avoir subi par richochet la crise aux longues ombres du secteur pétrolier. La direction générale a rappelé fin septembre que « la trésorerie générée par l’activité permet au groupe de faire face à ses besoins courants d’exploitation durant les 12 mois à venir ». Hors financement de la dette, étant entendu.

Lors de sa dernière cotation, l’action Bourbon avait ouvert la séance à 3,73 € à s'établissait à 3,675 € à la clôture, soit une capitalisation boursière de 284,588 M€.  

Adeline Descamps