Comme le JMM l'avait annoncé le 27 septembre, le port malouin aura un nouveau gestionnaire à compter du 1er janvier 2020. C'est l'opérateur privé Edeis qui se substituera à la Chambre de commerce et d'industrie de l'Ille-et-Vilaine pour une durée de 10 ans. Une petite révolution locale puisque la CCI était aux manettes depuis 1957.

Propriété de la région Bretagne, le port de Saint-Malo était concédé depuis 1957 à la CCI du département de l'Ille et Vilaine (CCI 35), qui assurait également la gestion de celui de Cancale. Dans le cadre du renouvellement de cette concession, un appel d'offres avait été lancé et lors de la clôture des candidatures le 3 septembre dernier, deux candidats étaient en lice : la CCI départementale et la société privée Edeis. C'est le groupe d'Ivry-sur-Seine spécialisé dans l'ingénierie et la gestion d'infrastructures qui était sorti finaliste de cette compétition.

Le vote du Conseil régional du 4 novembre devait le confirmer. C'est chose faite. L'opérateur privé assurera donc la concession au 1er janvier prochain pour une durée de 10 ans. Edeis est déjà présent dans l'Ouest avec la gestion de l'aéroport de Vannes, au même titre que 18 autres plateformes aéroportuaires en France. C'est sur la base de cette expérience en tant que concessionnaire aéroportuaire qu'il s'est plus récemment positionné dans le secteur portuaire, essentiellement comme partenaire des collectivités, dans le secteur de la plaisance (marinas) et au travers de délégations de services public et/ou de missions d’ingénierie (nouveaux usages, contraintes environnementales...)

Le groupe s’engage à investir 50 M€ d’ici à 2030 à Saint-Malo, qui regroupe à la fois des activités de pêche, de réparation navale et de transport. La Région, de son côté, devrait abonder à hauteur de 140 M€, dont 110 millions pour moderniser le terminal ferry du Naye. 

Choix d'une structure privée

« Le projet que notre société porte depuis 10 mois pour Saint Malo et Cancale a été choisi par le Conseil Régional de Bretagne. Edeis, dont la vocation est d’être un partenaire ancré dans les territoires pour favoriser leur développement, trouve dans cette concession l’application évidente de son rôle d’allié des territoires. C’est dans cet état d’esprit que nous allons immédiatement prendre contact avec le gestionnaire actuel, afin de préparer au mieux cette transition », a réagi Jean-Luc Schnoebelen.

La CCI Ille-et-Vilaine, qui dans la foulée de la décision en septembre, avait publié une lettre ouverte pour critiquer le choix d'« une structure privée, basée en région parisienne et totalement dénuée d’expérience dans le domaine portuaire »,  fait savoir aujourd'hui qu'elle « restera très attentive aux conditions dans lesquelles les entreprises liées aux ports pourront y exercer leurs activités. Il en ira de leur compétitivité et des emplois qui en dépendent. La CCI demeurera, aux côtés des entreprises, un partenaire impliqué et vigilant, notamment à la préservation du caractère industriel et commercial de cet équipement très structurant pour l’économie bretonne ».

A.D

Sur le même sujet