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Le port néerlandais s'appuie sur le partage d'informations entre les opérateurs maritimes et fluviaux pour réduire les temps d'attente. Avec le soutien d'une plate-forme numérique qui permet de mieux organiser l'acheminement et la réception du fluvial.

À Rotterdam, l’autorité portuaire a une approche plus souple qu’à Anvers : le problème doit se résoudre par le le partage d’informations entre les différents opérateurs. Le terminal de Moerdijk est proposé pour consolider les trafics fluviaux, mais sans imposer de règle rigide et en laissant chaque opérateur libre de son organisation. La solution privilégiée est software et passe par un recours à l’informatique et non par des hubs de consolidation.

À partir de 2015, le port a mis en place Nextlogic, une plateforme d’échanges d’informations entre les terminaux maritimes, les dépôts de vides et les transporteurs fluviaux. Par une meilleure connaissance par chacun des flux à un instant donné, la capacité disponible de chaque installation est ainsi optimisée. C’est l’esprit de cet outil dont une version réactualisée est à l’essai depuis la mi-mai. Y participent cinq terminaux maritimes, vingt opérateurs fluviaux et deux dépôts de vides. « Les terminaux indiquent leurs capacités, les transporteurs fluviaux annoncent leurs besoins liées à l’arrivée de leurs bateaux et l’ordinateur établit un planning avec les meilleurs créneaux possibles pour tout le monde », résume Ed van de Velde, directeur de l’armement fluvial Haeger & Schmidt à Rotterdam. Les premiers résultats du test sont prometteurs. « L'outil est intéressant et doit fonctionner : il faut y croire et tous les opérateurs doivent y participer pour assurer son succès. »

Le port incite les transporteurs fluviaux et les manutentionnaires à prendre des rendez-vous selon un planning fixe ou dynamique, et qui seront accordés en fonction du nombre de conteneurs à charger ou décharger. « C’est une autre façon de travailler : au lieu de remplir d’abord le bateau, on fait le planning en fonction des conteneurs, puis on les place dans les bateaux en fonction de leur destination et de la date d’arrivée souhaitée. Pour que cela fonctionne et que le rendez-vous au terminal maritime concerne un nombre important de boîtes, il faut que les conteneurs soient regroupés dans les terminaux intérieurs, ce qui se fait dans une logique de corridors fluviaux », explique Arwen Korteweg, du département logistique du port de Rotterdam. Une autre massification des conteneurs est organisée à l’intérieur du port de Rotterdam entre les terminaux de la Maasvlakte et les dépôts de vides.

Un portique dédié au fluvial

Ponctuellement, certains opérateurs de terminaux comme ECT avaient mis en place un volume minimum de 20 mouvements pour donner accès à leurs quais aux bateaux fluviaux. La mesure pousse les transporteurs fluviaux à mieux organiser le chargement de leurs bateaux, afin d'éviter que chaque barge n’escale à tous les terminaux maritimes.

Récemment, ECT a initié une pratique différente sur son terminal de la Maasvlakte en réservant un portique de Hartelhaven aux bateaux de différents opérateurs fluviaux du Benelux. Après deux essais précédents de courte durée, une phase de test plus longue est en cours pour tout le mois de juin 2020. « Cette organisation a un coût supplémentaire car elle nécessite une manutention avec brouettage. Mais si ce portique dédié aux barges se pérennise au-delà de la phase de test, cela nous permettra de proposer un meilleur service, avec moins de temps d’attente », espère Guy Erat. « Si la solution est satisfaisante, comme je le pense, elle pourra être mise en place sur d’autres terminaux. »

Étienne Berrier

Cet article fait partie d’une enquête : Anvers et Rotterdam s’organisent face à la congestion fluviale

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