La compagnie maritime née en avril du rapprochement de K Line, MOL et NYK Line, Ocean Network Express (ONE), s'attend à ce que les problèmes rencontrés au lancement impactent le résultat net de la nouvelle société à hauteur de 400 M$ pour l'exercice 2018. Et annonce, sans lien de cause à effet, une surcharge ...

Les dirigeants du nouveau consortium ont régulièrement émis des alertes sur leurs résultats par anticipation tout au long de leurs premiers mois de vie à trois. Pour le premier semestre de l'exercice 2018, couvrant la période allant d'avril à septembre 2018, ONE avait déjà enregistré une perte de 311 M$, bien supérieure aux 38 millions précédemment prévus. Pour l'ensemble de l'exercice, la société s'attend à enregistrer cette fois une perte de 400 M$, ce qui représente une baisse importante par rapport au bénéfice attendu de 110 M$.

S'exprimant lors d'une réunion d'investisseurs à Tokyo le 28 novembre, Jeremy Nixon, le PDG du consortium, a imputé la situation aux délais d'obtention des autorisations réglementaires qui auraient entravé le lancement. Courant de l’été, la coentreprise évoquait davantage les défaillances des systèmes d’informations.

Sanctionné par la fenêtre réglementaire

« En juillet 2017, nous espérions obtenir l'autorisation réglementaire nécessaire de façon à organiser la mise en route de l’entreprise, planifier l’installation des bureaux, établir toutes les implications fiscales pour 120 pays, coordonner les systèmes données informatiques, programmer le transfert des personnels, de façon à démarrer les réservations en février et être installés en avril 2018 », a expliqué le dirigeant. Or, l'approbation n’a finalement été obtenue qu’à la fin du mois d'octobre, laissant in fine à ONE seulement quatre mois pour organiser les réservations.

« Nous n'avions pas suffisamment de ressources au départ pour pouvoir mettre en place tous nos systèmes informatiques et faire en sorte que tout fonctionne parfaitement. Nous n'avions pas de problèmes informatiques mais de ressources », insiste le CEO.

Á l’issue de ces mises au point, Jérémy Nixon a toutefois assuré qu’il n’y aura aucun impact sur l'exercice financier 2019. La société, qui est en train de renouveler ses contrats avec ses clients, s'attend en effet un marché globalement favorable avec une croissance de l'offre et de la demande d'environ 4 %. 

Surcharge 

Quelques jours plus tard, la coentreprise annonçait toutefois l'introduction d'un « floating bunker », classé en OBS (ONE Bunker Surcharge) dans la perspective de la réglementation exigeant du combustible à faible teneur en soufre (LSF) de 0,5 % ou moins à partir de 2020 (déjà en vigueur dans les zones désignées du delta du Yangzi ECA depuis le 1er octobre 2018).

« ONE appliquera une surtaxe de 15$/EVP pour toutes les marchandises exportées via Shanghai, Ningbo et Nanjing à partir du 1er janvier 2019 vers toutes les destinations », indique le communiqué.

Simultanément, le transporteur souligne qu'il continue d'explorer toutes les technologies disponibles pour réduire la consommation de carburant et les coûts associés aux nouveaux développements. Il songe notamment à utiliser des scrubbers et du GNL.

--- Adeline Descamps ---