©Eric Houri

 

Le gouvernement britannique pourrait apporter son soutien à la ligne Dieppe-Newhaven dans le cadre d’un contrat de transport avec DFDS pour sécuriser des capacités en cas de besoin. Le département de Seine-Maritime, qui avait donné l’alerte il y a quelques jours, se montre soulagé de la décision. 

Il y a à peine quelques jours, Bertrand Bellanger, le président du Conseil départemental de la Seine-Maritime, ​tirait la sonnette d’alarme pour préserver les intérêts de l’une des lignes les plus fragiles du trafic transmanche. Exploitée en délégation de service public par DFDS Seaways, la ligne Dieppe-Newhaven a accusé une chute de 70 % de ses trafics sur les huit premiers mois de l’année. Inquiet pour son maintien, le président du département a adressé un courrier dans ce sens au premier Ministre Castex, rappelant que la Seine-Maritime injecte actuellement 26 M€ par an dans cette liaison qui génère 500 emplois directs et 155 M€ de retombées économiques sur le territoire français. Le courrier soulignait également que l’exécution du contrat de DSP, dont le terme est prévu fin 2022, « serait compromis sans l’appui de l’État. »

Dans un communiqué, la collectivité locale indique ce 13 octobre que le gouvernement britannique « s’est engagé à apporter un soutien financier permettant à DFDS Seaways de préserver une capacité de transport pour l’importation de produits de première nécessité. » Le gouvernement britannique a en effet attribué des contrats d'une valeur de 77,6 M£ (84,3 M€) à quatre compagnies de ferries – Brittany Ferries, DFDS, P&O Ferries et Stean Line – pour fournir une capacité de fret supplémentaire pendant une période pouvant aller jusqu'à six mois après la fin de la période de transition, afin de garantir l’approvisionnement en fournitures médicales et autres biens essentiels. 

Ligne confortée par le Royaume-Uni...

Dans le cadre de cette consultation, la proposition de DFDS Seaways – l’exploitation de la ligne Dieppe-Newhaven à raison de trois allers-retours en basse saison –, « aurait retenu l’attention », indique la collectivité. « Elle conforte la position de la liaison Dieppe-Newhaven, ligne intermédiaire entre les lignes de courte durée sur le détroit et les lignes de la Manche Ouest où la durée de la traversée est plus longue. »

Les opérateurs transmanche de ferries souffrent, confrontés à la fois aux répliques de la crise sanitaire qui impacte leur trafic passagers avec de surcroît la mise en place d’une quarantaine au Royaume-Uni, les privant d’une importante clientèle de touristes, et la perspective d’un Brexit, dont les négociations sont ardues.

DFDS satisfait de son 2e trimestre

Le ferry en grande difficulté en Europe

Comme ses homologues du transmanche, DFDS est sortie du confinement éprouvée même si la part de son chiffre d’affaires (80 %) tirée du fret et de la logistique l’a un peu préservée. Néanmoins, ses résultats étaient en repli de 34 % à l’issue du trimestre. Le chiffre d’affaires du segment « passagers » est en chute de 86 %, les revenus du fret ont diminué de 25 % et les volumes, de 15 %. Si au plus fort de la crise, 13 ferry avaient été mis hors service, ils avaient tous été remis en service fin août, sauf cinq.

L’armateur danois opère 57 traversées par jour sur ses lignes Calais-Douvres et Dunkerque-Douvres ainsi que trois rotations quotidiennes entre Dieppe et Newhaven et une entre Amsterdam et Newcastle. En France, il opère un service de fret entre Marseille et Tunis et assure des rotations quotidiennes entre la France et Douvres depuis Dunkerque et Calais. Actuellement, la compagnie fait tourner trois navires sur le transmanche à Calais et trois à Dunkerque.

DFDS envisage de supprimer 142 postes en France

142 postes supprimés en France

DFDS a confirmé courant août plusieurs mesures de réduction des coûts, touchant 650 emplois sur un effectif d'environ 8 600 personnes. Sur 1 000 emplois en France, 142 postes sont concernés à Calais et Dieppe, impactant les marins de quatre des cinq navires sous pavillon français, ceux opérant à partir de Calais, et des agents dans les bureaux. 

Lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre, avant l’annonce de la quarantaine britannique, la direction, incarnée par Torben Carlsen, s’attendait à ce que les volume de fret soient inférieurs à 2019 mais avait revu ses prévisions, estimant désormais la baisse à 10 % contre 15 % auparavant. Pour ce qui est des passagers, la société danoise ne se prononce pas, son marché dépendant de facteurs extérieurs sur lesquels elle n’a que peu de prise : les restrictions de voyage et la possibilité d'une résurgence du virus. 

Adeline Descamps