Le chantier naval de Belfast, fondé en 1861 et placé depuis le 4 août sous le régime des faillites, a été sauvé grâce à son rachat pour 6 M£ (6,8 M€) par la société d'infrastructures énergétiques britannique InfraStrata.

Le chantier de l'Irlande du Nord, vieux de 158 ans, qui avait marqué à ses dépens l'actualité judiciaire estivale, peut souffler. Le géant de l'histoire industrielle nord-irlandaise, qui faisait travailler 30 000 personnes dans les années 30, était sous la protection de la loi sur la faillite depuis quelques semaines en vue de sa mise en vente. L'affaire ne se présentait pourtant pas cet été sous les meilleurs auspices pour cette institution qui ne compte guère plus de 130 salariés aujourd'hui. Des manifestations syndicales avaient jalonné le mois d'août et le sort du chantier naval avait ému des responsables politiques. C'est finalement l'offre de reprise du groupe spécialisé dans le stockage et la distribution de gaz Infrastrata, qui a sauve des abîmes l'institution. Le repreneur britannique, qui prévoit d'augmenter de plusieurs centaines le nombre d'employés dans les cinq années à venir, a indiqué dans un communiqué que les 79 personnes qui n'ont pas pris part au plan de départs volontaires garderont leur emploi. Sans plus de précisions.

« Je pense que le chantier naval a un avenir prometteur et que les projets d'Infrastrata représentent une belle opportunité à la fois pour les secteurs manufacturier et énergétique de Belfast et de l'Irlande du nord », a salué Julian Smith, ministre en charge de l'Irlande du nord.

Pour John Wood, directeur général d'InfraStrata, le rachat de H&W permet « des synergies opérationnelles » et « un avantage substantiel à travers une intégration verticale en plus de démontrer notre engagement dans l'économie de l'Irlande du nord, particulièrement pour l'ère post-Brexit ». Les employés du chantier devraient notamment participer aux travaux sur un site de stockage sous-terrain de gaz sur la péninsule d'Islandmagee.

Nationalisé en 1975 et acheté par le Norvégien Fred Olsen Energy en 1989 (devenu depuis propriété de la compagnie pétrolière norvégienne Dolphin Drilling, major), le constructeur du Titanic, qui a fourni près de 150 navires de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale, avait « sorti » son dernier navire en 2003 avant de se réorienter dans les énergies renouvelables. Le dernier chiffre d’affaires connu du chantier naval (2016) était de 8,7 M€ avec une perte de 7,5 M€ (dernières données publiées).

Adeline Descamps