Parmi les ventes remarquées pour démolition, celle du Sine Maersk, qui avec ses 9 600 EVP, représente à ce jour le plus grand navire envoyé à la casse ©DR

 

L’envoi de porte-conteneurs à la casse a atteint en juillet son plus haut niveau depuis 41 mois, soit 52 800 EVP. Au cours des sept premiers mois de l'année, l’équivalent de 152 800 EVP a été démantelée. Une hausse de 26,3 % par rapport à la même période l'année dernière. 
 
En juillet, 16 navires ont été mis au rebut, dont le remarqué Sine Maersk, construit en 1998, le plus grand porte-conteneurs (9 600 EVP) jamais démoli. Le porte-conteneurs, qui opérait dans la région Asie-Pacifique, a effectué son dernier voyage versAliaga en Turquie fin juin, un des 40 sites agréés par l’Europe pour un recyclage. L’effet rattrapage joue à plein. Les chantiers de démantèlement, fermés pendant plusieurs mois en raison des mesures de confinement peinent à éponger les navires qui affluent pour se faire démanteler. Ainsi, en mars, avril et mai, seuls 21 100 EVP ont été retirés du marché, soit 72,8 % de moins qu'au cours des trois mêmes mois de 2019. 

Dans sa dernière publication, début juillet, l’organisation du transport maritime Bimco indiquait qu’il y a eu autant de démolitions de porte-conteneurs en juin que pendant les cinq premiers mois de 2020. L’association internationale des armateurs estime, qu’au cours des cinq premiers mois de l'année, l’équivalent d’une capacité de 152 800 EVP a été démantelé.

Selon le Bimco, 200 000 à 300 000 EVP doivent être envoyés à la casse cette année. Si cela s’avérait, cela représenterait une augmentation de 63,8 % par rapport aux niveaux de 2019. Cette réactualisation reflète les conditions actuelles du marché, la crise du Covid-19 ayant provoqué une chute de la demande. En écho, le besoin de transport maritime par conteneurs a diminué de 7,7 % au cours des cinq premiers mois de 2020 par rapport à la même période en 2019.

Les démolitions de porte-conteneurs en juin ont doublé depuis le début de l'année

Loin de 2017 et 2016

Alphaliner, le spécialiste de la ligne régulière, s’aligne sur ces perspectives, considérant également que 300 000 EVP vont être retirés du marché cette année pour être vendus à la casse. En 2019 et 2018, 185 000 et 102 000 EVP avaient été mis au rebut respectivement. Cela reste toutefois bien moins que les 413 000 et 655 000 EVP mis au rebut en 2017 et 2016.

Du monde au mouillage dans les chantiers de démantèlement

Panamax d’Evergreen à la casse

Parmi les ventes notables au cours de ce premier semestre – outre celle du Sine Maersk – celles du CMA CGM Okapi de 1 730 EVP, datant de 2000, ou encore des sisterships de Maersk  –Kawasaki, construit en 1996, et Kokura, en 1997 –, les toutes premières unités dans la catégorie des 7 500 EVP à être démolies. Evergreen s’est aussi débarrassé de ses panamax de première génération de 4 211 EVP, les Ever Develop, Ever Diamond, Ever Divine et Ever Dynamic, construits en 1998. Les deux tiers du tonnage mis au rebut – soit 37 unités au total – concernaient des navires de 2 000 EVP et moins. L'âge moyen des unités recyclées était de 24 ans, donc relativement jeunes.

A.D.