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Les effets de la pandémie ont pesé sur les résultats trimestriels du géant chinois du transport maritime, qui reste néanmoins dans la sphère des bénéfices. La filiale portuaire Cosco Shipping Ports marque le pas. L’unité de crédit-bail Cosco Shipping Leasing a demandé à la banque de Pékin une facilité de crédit.

Le transporteur chinois aura donc cédé un peu de sa dynamique face à la pandémie qui a particulièrement touché la Chine au cours des trois premiers mois de l’année avant de se répandre de par le monde. Au premier trimestre 2020, le chiffre d’affaires des activités de transport maritime de l’armateur chinois a augmenté de 4,2 %, à 4,9 Md$. Le résultat net a chuté de 38 % (en CNY) pour atteindre 674 millions CNY, soit 95 M$. Les volumes transportés ont également décliné de 5 %, à 5,6 MEVP.       

Dans le détail, les tendances de ces derniers mois se confirment. La première concerne l’orientation de ses marchés. Les flux domestiques, qui avaient déjà marqué le pas ces derniers mois, sont cette fois sévèrement touchés, en repli de 16 %, à 1,05 MEVP. Le marché transpacifique poursuit son repli, de 4 %. Les échanges intra-asiatiques, qui avaient compensé les vides creusés par les tensions commerciales entre la Chine et ses partenaires, restent dans une zone de croissance (+ 1 %) mais ont nettement ralenti entre janvier et mars. Une autre tendance concerne l’apport indéniable de la compagnie acquise en 2018, OOCL. Car la performance de CoscoSL a été légèrement inférieure à celle de l'ensemble.

Les résultats détonnants d'OOCL

Revenus par EVP en hausse de 8 %

Les revenus par EVP de CoscoSL et d'OOCL ont augmenté de 7 % pour atteindre 850 M$. Seule ombre au tableau, le marché transpacifique où les recettes par EVP ont diminué de 1 %. Si l'on isole CoscoSL, elles atteignent 806 $.

En 2019, Cosco avait enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 2,7 % par rapport à 2018, à 1,02 Md$, mais la marge brute était en repli de 7,1 %, à 272,7 M$. La pandémie n’a pas fait perdre son aplomb au géant asiatique du transport maritime. En mars dernier, alors que l’épidémie était en train de se propager de par le monde, le groupe passait commande de cinq porte-conteneurs de 23 000 EVP à livrer en 2023 pour être déployés sur les routes Est-Ouest de Ocean Alliance, lignes maritimes les plus fréquentées et plus durement touchées par la crise. Un contrat de 288 M$. Parallèlement, un autre filiale du groupe, Cosco Shipping Specialized Carriers annonçait une commande pour huit navires de produits issus de l’industrie forestière pour étoffer sa flotte de 20 unités. Un contrat d’une valeur de 776,8 M$.

CoscoSP en perte de volumes

De son côté, la filiale de Cosco pour l’exploitation portuaire Cosco Shipping Ports, présente dans 37 ports mondiaux, a enregistré une baisse de 5,3 % des volumes manutentionnés sur les quatre premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’an dernier. En excluant les trois terminaux de Yangzhou Yuanyang, Zhangjiagang Win Hanverky et Nanjing Longtan, dont elle a cédé les actifs, la baisse aurait été limitée à 1,7 %.

Alors que ses installations à l’étranger (+ 13 % en 2019, 28 MEVP) avaient servi ces deux dernières années de relais de croissance à ses terminaux chinois à bout de souffle (+ 2 %), ses installations au Pirée, Suez, Istanbul, Anvers, Zeebrugge, Abu Dhabi, Seattle, Singapour et Rotterdam sont passés durant les quatre premiers mois de l’année dans le négatif (- 0,7 %). Pour ses 25 sites portuaires chinois, répartis sur toute la façade maritime du pays, le recul est encore plus prononcé (- 1,3 %). En 2019, Cosco Shipping Ports avait augmentés des flux manutentionnés de 4,8 % par rapport à l’année précédente avec un total de 102,8 MEVP. 

La croissance de Cosco Shipping Ports tirée par l'international

Besoin de liquidités

De son côté, l’unité de crédit-bail de Cosco, Cosco Shipping Leasing, a sollicité une facilité de crédit de 400 millions de RMB (56 M$) de la Banque de Pékin. Ce crédit vise à « soutenir son business et accroître les liquidités », indique la société. Cosco Shipping Leasing possède une flotte de 29 navires. Sa dette s'élève à 4,3 Md$.

Adeline Descamps

*terminaux détenus par la société, quelle que soit la part de sa participation. Qingdao est le seul terminal que CSP détient en totalité et ce depuis 2017.

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