Vers des navires entièrement électriques ©MOL

Pour atteindre l'objectif de réduction de 50 % des émissions de GES, Mol semble s'être forgé une opinion sur les alternatives aux combustibles fossiles. Concours de circonstances ou opération de marketing, il a fait part de plusieurs initiatives en faveur de (s)a transition énergétique.

Pour tendre vers une flotte à zéro émission de carbone, chacun cherche son Graal. Et il y autant de voies techniques que de convictions. Tandis que Maersk et CMA CGM ont dévoilé dernièrement leur expérimentations avec des biocarburants, que d'autres attendent les évolutions technologiques de l'hydrogène ou misent sur le méthanol, le japonais Mitsui OSK Lines (Mol) s'engage à son tour et semble s'être forgé une opinion sur le méthane de synthése comme alternative à des carburant d'origine fossile.

Il a rejoint un groupe de travail commun à plusieur secteurs industriels qui planche sur les usages du méthane dans le transport maritime. Le méthane, composant principal du gaz naturel, est généré par la technologie dite de méthanisation, qui combine le CO2 avec l'hydrogène issu des énergies renouvelables. Le procédé dit de méthanisation permettrait notamment de compenser l’intermittence de certaines énergies renouvelables (solaire, éolien, etc.) en produisant un méthane de synthèse. Encore faut-il pouvoir stocker les surplus d'énergies. C'est ce que le procédé Power-to- Gas promet après les avoir transformées par électrolyse en hydrogène ou en méthane de synthèse.

De récentes découvertes, publiées par la revue Nature, ont démontré par ailleurs qu'il était désormais possible de recycler le gaz carbonique en méthane au moyen d'une réaction chimique simple. Deux chercheurs de l'université Paris Diderot l'ont concrétisé grâce à la mise au point d'un procédé qui ne requiert pas de grandes quantités d'énergie mais consiste à laisser faire la lumière naturelle. Ces résultats de laboratoire ouvrent la voie à une utilisation circulaire du CO2, et donc à une solution de gestion de ce gaz, dont on sait qu'il est parmi les plus générateurs des effets de serre.

Nouvelle société, e5 Lab

Mol concrétise donc publiquement son engagement dans un carburant zéro carbone, un voeu de sobriété que d'autres ont fait avant lui, tels Nippon Yusen Kaisha ou Maersk mais sans pour autant indiquer le chemin qu'ils emprunteront pour y parvenir. 

Le transporteur nippon s'est aussi associé à des compatriotes – Asahi Tanker, Exeno Yamamizu Corporation et Mitsubishi Corporation – pour créér une nouvelle société, e5 Lab, qui s'emploiera à développer et à promouvoir l'utilisation dans le secteur du transport maritime de moyens de transport propres. La première ambition d'e5 Lab serait de construire le premier pétrolier zéro émission au monde d'ici mi-2021. Il s'agira d'un navire-citerne de cabotage alimenté par des batteries de grande capacité et qui sera exploité dans la baie de Tokyo.

Autant de défis...

« La société développera d'autres types de navires à propulsion électrique », indique le communiqué qui liste plusieurs chantiers dont « améliorer les environnements de travail et compenser les pénuries d'équipage par l'amélioration des systèmes de communication embarqués ; tirer parti des technologies de navigation autonome et des datas pour fournir un soutien à terre aux équipages et contribuer à la sécurité, à la fiabilité et à l'efficacité de l'exploitation des navires ; proposer des normes sur l'application rapide et plus large des technologies de la prochaine génération et s'appuyer sur des batteries rechargeables de grande capacité pour fournir une alimentation de secours d'urgence ».

e5 Lab mettra en commun les technologies, les ressources humaines et le savoir-faire opérationnel nécessaires pour atteindre dès que possible l'objectif de réduction de 50 % des émissions de GES conformément aux exigences de l'OMI, s'engage le consortium japonais.

A.D.