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Total a annoncé le 17 juillet la signature de l'accord de financement du projet Mozambique LNG. Dans un contexte particulier de crise sanitaire et chute des cours du brut, le groupe pétrolier français a bouclé le financement de ce projet à 20 Md$ et pour lequel il a obtenu 14,9 Md$ en prêts directs et garanties diverses.

Il s’agit du premier développement à terre d’une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) dans ce pays que l’on surnomme le « Qatar de l’Afrique » depuis la découverte il y a une décennie de ses riches gisements gaziers (de l’ordre de 5 000 milliards de m3) au large de la province du Cabo Delgado (au nord). L'infrastructure doit contribuer à faire de ce pays du sud-est de l'Afrique, en proie à une insurrection islamiste, l'un des plus grands producteurs et exportateurs de GNL au monde. Le gouvernement de ce pays, parmi les plus pauvres d'Afrique, espère tirer, à partir des années 2030, des revenus de l'ordre de 3 Md$ par an.

L’installation exploitera les champs Golfinho et Atum situés dans l’Offshore Area 1 et comprendra deux trains de liquéfaction d’une capacité totale de 13,1 Mt par an. Outre les concessions accordées à l'entreprise américaine Anadarko, d’autres ont été attribuées dans la région à l'italien ENI, au chinois CNPC et au portugais Galp.

GNL : les trains démarrent à l’heure

Démarrage en 2024

Le projet dans lequel Total est partie prenante représente un investissement total post-FID de 20 Md$ et sera financé à hauteur de 14,9 Md$ par des prêts directs et des garanties octroyées par huit agences de crédit à l'exportation, 19 banques commerciales et par la Banque africaine de développement. Le démarrage est prévu en 2024. Près de 90 % de la production de Mozambique LNG seraient d’ores et déjà commercialisés dans le cadre de contrats à long terme.

C’est en mettant la main sur Anadarko Petroleum, dont les actifs africains ont été cédés par Occidental Petroleum que Total a hérité d’une participation de 26,5 % dans ce projet pour un montant de 3,9 Md$. Il est actionnaire aux côtés de ENH Rovuma Area Um, S.A. (15 %), Mitsui E&P Mozambique Area1 (20 %), ONGC Videsh (10 %), Beas Rovuma Energy Mozambique (10 %), BPRL Ventures Mozambique B.V. (10 %), et de PTTEP Mozambique Area 1 (8,5 %).

Anadarko va investir 25 Md$ dans l'exploitation de gaz au Mozambique

Pour rappel, en mai 2019, le groupe français annonçait un accord avec Occidental Petroleum en vue de racheter, pour 8,8 Md$ (7,8 Md€), les actifs africains (Algérie, Ghana, Mozambique et Afrique du Sud) du géant américain du gaz naturel Anadarko (ce dernier étant alors en passe d’être racheté par Occidental Petroleum). L’accord était signé en août de cette année-là. Or, en mai dernier, le gouvernement algérien s’est opposé à la vente des actifs algériens (260 000 barils par jour, soit plus de 25 % de la production nationale de brut) d’Anadarko à Total. L’accord avec Occidental conditionnant la cession des actifs du Ghana à celle des actifs algériens, le groupe pétrolier a finalement renoncé à ces acquisitions. Une aubaine finalement. Face à l’effondrement des cours du pétrole, le pétrolier français a engagé un plan d’économie de 6 Md$.

Au Mozambique, outre Total, un autre groupe français y est engagé. Le groupe de services à l'industrie pétrolière TechnipFMC a remporté plusieurs contrats sur le projet, dont un d'une valeur d’1 Md$, pour l'ingénierie, la fourniture des équipements, la construction et l'installation (EPCI) de systèmes offshore.

A.D.