Le marché, attribué par la Région Occitanie, est évalué à 199 M€. Les travaux devraient s’achever en 2023. Ils permettront d’offrir un tirant d’eau de 14,5 m​. La collectivité lance par ailleurs une consultation pour la gestion du port sous forme de Semop.

Double actualité pour le port de Port-la-Nouvelle. Bouygues Travaux Publics remporte le lot principal relatif aux travaux d’extension du port audois. Le marché, estimé à 199 M€ (sur un coût global de 237 M€), a été attribué par la Région Occitanie, propriétaire de l’infrastructure. Bouygues TP est mandataire et s’est allié au groupe néerlandais Boskalis Nederland BV. Pour la Région Occitanie, présidée par Carole Delga (PS), cet investissement s’inscrit dans le Plan Littoral 21, cofinancé avec l’État et la Banque des Territoires. Le chantier consiste à créer un bassin portuaire, en allongeant la digue sud et en créant une digue nord, longue de 2,4 km, tout en démontant une digue existante. L’ensemble de ces digues sera renforcé par une couche supérieure de blocs artificiels monocouches de 18 à 45 tonnes, conçus par le groupe Artelia et préfabriqués sur chantier. Ces éléments en béton, très résistants, auront vocation à limiter l’action des vagues sur les digues.

Les travaux devraient s’achever en 2023. Ils permettront d’offrir un tirant d’eau de 14,5 m, au lieu de 8 actuellement, pour développer les trafics existants (exportation de céréales et importation d’hydrocarbures) et capter de nouveaux marchés. La filière éolienne figure en bonne place, avec l'implantation de deux fermes expérimentales offshore, au large du littoral audois et catalan. Quatre énormes flotteurs en béton, innovation du projet de ferme éolienne offshore EolMed, vont par exemple être construits sur le port, en 2020 et 2021. « Chaque flotteur pèsera environ 10 000 tonnes. L'approvisionnement en matériaux sera local », détaille Christian Egal, directeur opérationnel de Lucia, porteur du projet aux côtés d'Ideol, Bouygues TP et Senvion. 

Nouvelle gestion du port

Pour faire face au changement de dimension, la gestion du port, actuellement dévolue à la CCI de l’Aude, va évoluer. L’activité commerce sera ainsi attribuée sous forme d’une concession de service public, avec constitution d’une Semop (société d’économie mixte à opération unique), pour une durée de 40 ans à partir du 1er mai 2021. La valeur estimée de la concession s’élève à 815 M€. Lancée le 25 septembre par la Région Occitanie, la consultation se clôturera le 13 mars. Les activités de pêche et de plaisance seront regroupées et feront l’objet d’une procédure de service public distincte. Le trafic annuel du port représente 2 Mt et 350 navires en escale. L’activité portuaire engendre 1 600 emplois directs et induits.

Hubert Vialatte