Concrétisant un projet élaboré en 2015, la société Dépôt Rouen Petit-Couronne a inauguré le 5 septembre un dépôt pétrolier de 650 000 m3 de stockage sur les 170 ha du site de l’ancienne raffinerie Shell. Après une brève reprise par Petroplus, celle-ci avait cessé toute activité en 2013 condamnant 470 personnes.

En 2013, la place portuaire avait alors vu s’écrouler un pan historique de son activité. L’année suivante, le groupement Valgo-Bolloré était retenu pour la reconversion d’un site devenu friche industrielle sur des terrains pollués mais conservant un fort potentiel logistique.

Initié à la fin 2016, le chantier allait s’avérer difficile, ponctué de délais et de surcoûts. Il devrait être complètement achevé dans quelques mois. En fait, l’activité du Dépôt Rouen Petit-Couronne (DRPC) a démarré dès janvier 2018. Les travaux ont porté sur la rénovation des anciennes cuves de stockage et de kilomètres de tuyauterie, l’installation de canalisations vers la Seine, et la construction d’une gare routière pour la distribution des importations de produits finis vers l’hinterland.

« 100 M€ et trois ans de travaux ont été nécessaires pour transformer le parc de stockage de l’ancienne raffinerie de Petit-Couronne en dépôt pétrolier moderne et sécurisé » indique Hakim Britel, président de DPRC et directeur général de Bolloré Energy qui détient 70 % de l’entreprise rouennaise (avec Total Marketing France) qui emploie plus d’une vingtaine de salariés.

Logistique pétrolière

Avec le DRPC, Bolloré Energy entend renforcer sa présence dans la logistique pétrolière en améliorant son maillage. Classée pour la protection de l’environnement (ICPE), ce site stratégique dispose en effet de 27 bacs lui permettant de stocker toute la gamme des produits pétroliers*. Il a été conçu pour approvisionner la Normandie, la Picardie et l’Ile-de-France. Le ravitaillement en kérosène des aéroports parisiens (Roissy et Orly) figure parmi ses marchés. Il contribue également à la conservation des stocks stratégiques mobilisables en cas de crise.

Présentant un caractère éminemment multimodal, le dépôt rouennais est connecté au réseau d’oléoducs Trapil de produits finis reliant Le Havre à Paris via l’Axe Seine (où demeurent les importantes raffineries Total et Exxon Mobil), à l’Ouest de la Normandie, et au grand Est. À son interface avec le fleuve, le DRPC est pourvu de deux appontements. L’un fluvial, accueille des barges de 2 à 5 000 t de capacité. L’autre est maritime (Q 300) avec 180 m de quai où peuvent escaler des navires jusqu’à 75 000 tpl. De quoi conforter le segment produits chimiques et pétroliers en vrac liquide (8,2 Mt en 2018) qui constitue l’un des socles du trafic portuaire rouennais.

Robert Querret

*gazole, SP95, SP98, fioul domestique, carburéacteur pour avion, biocarburants...