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La baisse des trafics de produits chimiques et de coke de pétrole, non compensée par la hausse des trafics sidérurgiques, pèse sur le tonnage 2019 du port basque, qui n’atteint que 2,3 Mt, soit une diminution de 3 %.

Avec 2,28 Mt de marchandises manutentionnées sur ses quais en 2019, Bayonne voit son trafic diminuer de 2,9 % par rapport à 2018. Les trafics réalisés sur les quais public sont cependant en hausse de 5 % et dépassent désormais le tiers du tonnage total. La CCI Bayonne Pays Basque, concessionnaire du port, rappelle que ces derniers ont connu, au cours des dix dernières années, une augmentation de 42 % des trafics. Elle attribue cela aux aménagements réalisés, principalement à Anglet avec l’agrandissement achevé du quai Castel et celui, toujours en cours, du quai Gommes. Et à ses investissements dans les équipements avec l’acquisition de deux grues de forte capacité équipées de trémies, mises en place au 3e trimestre 2019, ainsi que l’arrivée qu’une nouvelle drague, nécessaire pour assurer l’accès des navires au port de Bayonne, situé dans l’estuaire de l’Adour. Au total, les investissements publics ont atteint 70 M€ entre 2015 et 2019.

« Ces investissements ont pour conséquence une utilisation accrue des outillages publics gérés par la CCI Bayonne Pays Basque (grues, terre-pleins, hangars, voies ferrées…), contrairement aux outillages privés », indique la CCI, qui souligne que « ces éléments sont importants car ils confirment les bonnes orientations de nos investissements et nous permettent de limiter notre dépendance à un faible nombre d’acteurs. »

Les investissements privés ont été le fait des principaux utilisateurs du port de Bayonne : les Laminoirs de Landes, situés à Tarnos, ont ainsi investi 50 M€ depuis 2015, tandis que Celsa, également actif dans le laminage, a un programme d’investissement en cours de 60 M€.

Sous-performance des produits sidérurgiques

Les trafics de produits sidérurgiques sont d’ailleurs ceux qui ont gagné le plus de tonnage en 2019 : 35 000 supplémentaires pour les billettes (562 000, + 6,7 %) et 47 000 de plus pour les brames (75 000 t, + 170 %). Au total, les produits sidérurgiques, malgré un trafic en hausse, cumulent cependant un tonnage inférieur à 800 000 t, ce qui est une sous-performance au regard des chiffres atteints les années antérieures. Ces trafics devraient toutefois être supérieurs en 2020, avec la reprise d’activité des Laminoirs des Landes, qui avaient procédé à un arrêt de production en fin d’année 2019 pour optimiser son process.

Parmi les produits qui pèsent sur le tonnage total, on peut mentionner les exportations de ferrailles (211 000 t, – 9 %), qui diminuent de 20 000 t par rapport à 2018. L’importation de coke de pétrole à destination de l’Espagne (39 000 t) diminue de moitié, Bayonne ayant perdu le marché en 2019. Les trafics de maïs (393 000 t), de pétrole brut (65 000 t) et de produits pétroliers raffinés (121 000 t) connaissent de baisses de trafic de 2 à 3 %. Certains trafics enregistrent en revanche des baisses de régime beaucoup plus importantes : c’est le cas en particulier des importations d’engrais (460 000 t, – 7 %) qui perdent 34 000 t, ainsi que de celles de produits chimiques (59 000 t, – 42 %) et de soufre (87 000 t, - 17 %). Les trafics de bois, en revanche, ont plus que doublé, pour atteindre 61 000 t en 2019, en lien avec l’augmentation de 20 % des importations d’écorces de bois (21 000 t), ainsi qu’à de nouveaux trafics telles que les plaquettes de bois et les grumes non exotiques.

Etienne Berrier