Par décision du Tribunal de Commerce de Bordeaux, le Grand Port Maritime de Bordeaux, via sa nouvelle filiale BOP, assurera la gestion à partir de ce 11 décembre de la manutention sur le terminal de Bassens.

Le Tribunal de Commerce de Bordeaux a tranché le 28 novembre et validé l’offre de reprise par le Port de Bordeaux - seul candidat en lice - de l’activité de manutention de la société BAT (Bordeaux Atlantique Terminal), en redressement judiciaire depuis mai dernier. Cette société, créée en 2011, accusait un déficit annuel structurel de près d’1 M€ par an, mettant à mal le montage spécial post-réforme portuaire qui associait les actionnaires Sea Invest, le GPMB et Bordeaux Manutention.

L’offre du Grand port maritime de Bordeaux remplissait les deux conditions nécessaires à cette reprise. Depuis le 28 juillet dernier, une dérogation avait été accordée au GPMB, par arrêté ministériel, pour reprendre les activités de manutention et l’outillage uniquement sur le terminal du Bassens. De même, le port de Bordeaux a constitué une filiale, dénommée BOP, Bordeaux Opérations Portuaires, au capital de 1,2 M€, qui prendra donc, à date du 11 décembre 2018, la relève des activités de BAT.

26 salariés sur 47 transférés au sein de BOP

Malgré les démarches et protestations  virulentes des représentants CGT, qui réclamaient que l’ensemble des salariés BAT intègrent BOP, le Tribunal de Commerce de Bordeaux a validé les conditions de reprise proposées par le port. Sur les 47 salariés « BAT », 26 d’entre eux, personnels de conduite et responsables d’exploitation, intégreront la nouvelle filiale BOP. En parallèle, 18 autres salariés, par un droit de « retour au port », rejoindront la section « maintenance » des grues du GPMB, basée sur Bassens, qui compte d’ores et déjà 21 salariés. « Nous regroupons ainsi tous les salariés dans la section de maintenance. Ils travaillaient d’ores et déjà sur le même site. Au total, seuls 3 salariés, embauchés par BAT en fin d’année dernière ne bénéficient pas de "ce droit de retour" et ce sera à l’administrateur de trouver des solutions », explique Louis Leuret, secrétaire général du Grand port maritime de Bordeaux.

Une dérogation d’exploitation de trois ans

Outre la forfaitisation désormais des prestations de « maintenance » au sein de BOP, cette reprise, selon le secrétaire général, « n’entraînera pas de modifications pour les deux clients, Sea Invest et Bordeaux Manutention ». Quant à l’outillage, trois nouvelles grues ayant été achetées sur Bassens dans les années 2000, le GPMB ne prévoit pas pour l’instant d’investissements conséquent.    

La dérogation ministérielle étant accordée au port pour une durée de 3 ans, un appel d’offres pour assurer l’activité manutention sera lancé à la fin de cette période. « S’il n’y a pas de candidat ou de candidature pertinente, une nouvelle autorisation d’exploiter peut être accordée au port par arrêté ministériel, comme cela s’est d’ores et déjà produit sur le port de Nantes », précise Louis Leuret, pour qui cette reprise par le port s’avérait « indispensable pour assurer la continuité et la pérennité des activités portuaires ».

--- Marianne Peyri ---