Dans la perspective du rétablissement des frontières entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, les autorités portuaires néerlandaises et les communes-hôtes de terminaux de ferries ont pris le devant et aménagé les infrastructures nécessaires pour les centaines de camions « en rade », 400 selon ses calculs. 

Mieux vaut prévenir que guérir. En vue de la zizanie qui risque de produire dans le port de Rotterdam avec le rétablissement des frontières entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, les autorités portuaires et les communes-hôtes des cinq terminaux de ferries concernés, prennent le devant. Elles ont aménagé des aires de parking pour les camions qui seraient bloqués sur le continent faute de détenir les documents pour embarquer ou attestant les contrôles sanitaires.

À l'heure actuelle, les terminaux de Stena Line, P&O, DFDS et CldN sont configurés pour permettre un passage et une manutention expresses des poids lourds et de leur chargement, sans emplacement prévu pour le stationnement des camions ou l’entreposage des marchandises.

Cinq terrains disséminés dans la région de Rotterdam prévoient donc d'accueillir 700 camions « en rade » qui n'auront pas enregistré leur chargement via la base de données informatiques Portbase. Ils pourront y stationner le temps de mettre leur situation en règle.

Effet inattendu, la ruée sur les entrepôts 

Le port a prévu d'exfiltrer les camions non en règle en les déviant sur des voies de circulation spéciales avant d'atteindre les terminaux de ferries. Selon les simulations faites par la société portuaire, quelque 400 camions pourraient échouer chaque jour sur ces aires de parking. Au global, les transports de marchandises par ferry entre le port de Rotterdam et les îles britanniques portent sur quelque 40 Mt/an.

Une campagne de prévention est aussi prévue. Des dépliants en cinq langues vont être distribués aux chauffeurs de poids lourds dans les tout prochains jours, indiquant les formalités de douane à suivre. Des informations similaires destinées aux transitaires vont aussi être disponibles dans la base de données Portbase.

Par ailleurs, craignant une rupture d'approvisionnement dans les semaines suivant la date butoir du 29 mars, les entreprises importatrices et exportatrices de biens vers le Royaume-Uni, y compris américaines et japonaises, se sont lancées voici plusieurs mois dans une course au stockage aux Pays-Bas. Le prix de location du mètre carré des entrepôts a ainsi augmenté de 10 à 15 % en quelques semaines.

Didier Burg