Grandes manoeuvres dans la construction navale chinoise. Après l'annonce d'une fusion par les deux plus grands constructeurs navals chinois, CSIC et CSSC, des rapprochements sur le segment de l'offshore sont envisagés. Depuis deux ans, les principaux acteurs s'activent à mettre leur portefeuille d'actifs d'équerre.

Cela bouge décidément beaucoup en Chine même si ce n’est pas une surprise. Cela fait quelques années que les groupes chinois sont invités par les hauts niveaux de l’État aux négociations en vue de constituer des groupes puissants au niveau mondial dans chacun des secteurs de l’industrie maritime, réduire la concurrence et les surcapacités. Il y a quelques jours, le 1er juillet, les deux plus grands constructeurs navals chinois, China Shipbuilding Industry Corp (CSIC) et China State Shipbuilding Corp (CSSC) annonçaient ainsi, dans des avis financiers distincts mais similaires, qu’ils prévoyaient de fusionner.

Puis, ce fut au tour de l’opérateur de terminaux portuaires et n°6 mondial Cosco Shipping Ports d’annoncer la signature d’un accord de fusion avec Tianjin Port Holdings et China Merchants International Terminals ouvrant la porte à une consolidation de terminaux portuaires à Tianjin : Tianjin Port, CS Ports et CM Ports. Situés dans la province du Shandong – qui avait déjà été le lieu d'opérations en mars 2018 avec la consolidation de petits ports (Binzhou, Dongying et Weifang) au sein d'une structure unique, Shandong Bohai Bay Port Group –, les ports de Qingdao et Weihai, propriétés de l’Etat, vont aussi voir leurs opérateurs portuaires respectifs fusionner sous l’ombrelle du premier, Qingdao Port Group. 

Cette fois, selon un dirigeant de China International Marine Containers (CIMC), cité par un média anglosaxon, China Merchants Group (qui est en train de s'imposer comme le 4e chantier naval chinois, après CSSC, CSIC et Cosco Shipping Heavy Industry) étudierait la possibilité d’une consolidation de ses chantiers navals offshore avec China International Marine Containers (CIMC) et AVIC. Une fusion qui créerait alors l'un des plus grands groupes de chantiers navals offshore au monde. En l’occurrence, les négociations entre CIMC et Avic auraient démarré en 2016.

Des mouvements repérables

Depuis deux ans, China Merchants est particulièrement actif. En avril 2017, le groupe a transféré la totalité de la participation (24,53 %) qu’il détenait dans CIMC à China Merchants Industry Holdings pour environ 1,1 Md$ (1,13 Md€). CIMC exploite actuellement trois bases offshore à Yantai, Longkou et Haiyang dans le Shandong (dans l'Est chinois) tandis que China Merchants Industry dispose de deux sites à Shenzhen et Haimen (province du Jiangsu).

China Merchants possède aussi, depuis avril, une participation majoritaire dans le chantier naval (déficitaire) AVIC Weihai Shipyard, après avoir intégré deux anciens chantiers navals de Sinotrans (Jinling Shipyard et Jiangdong Shipyard). En 2018, le groupe chinois avait empoché le chantier naval Zhejiang Eastern Shipyard et l'a intégré à Yiu Lian Dockyard. L’ensemble le positionne comme le 4e constructeur naval chinois. Mais les effets de consolidation sont loin d'être finalisés.

Adeline Descamps