©Eric Houri

 

Le chantier de la chatière, l’arrivée d’une filière éolienne, la montée en puissance du terminal multimodal... les projets ne manquent pas pour le port du Havre. Mais c’est sur l’aménagement des postes 11 et 12 à Port 2000, un investissement de 150 M€ qu'il veut aller vite. Un challenge pour son nouveau directeur général Baptiste Maurand, qui doit convaindre...

Les travaux qui vont parachever Port 2000 devraient en principe démarrer à la rentrée prochaine. Dans le cadre d’une procédure spécifique, des candidats potentiels, dont l’identité reste confidentielle, se sont d’ores et déjà manifestés pour exploiter les futurs terminaux. Ce projet s’inscrit dans un contexte général de croissance du trafic (+ 2 % en 2018) et figure dans le plan d’investissement totalisant 600 M€.

Le port veut aller vite mais encore faut il convaincre. En effet, courant mars, lors d’un conseil de développement, une motion a été adoptée concernant le statut juridique des terminaux. Les acteurs privés avaient estimé que les règles d’un régime de concession de service seraient beaucoup plus contraignantes que celles de la convention de terminal, qui jusqu’alors régissaient les terminaux portuaires. Lors d’une conférence de presse le 10 avril dernier, Emmanuèle Perron, la présidente du conseil de surveillance, ainsi que Baptiste Maurand ont souhaité apporté quelques précisions sur  ce dossier épineux.

« Nous avons longuement étudié cette motion lors du dernier conseil de surveillance. Mais le conseil a confirmé à l’unanimité la procédure initialement engagée. Les résultats de cette procédure seront présentés pour décision au Conseil de surveillance de juin prochain » a rappelé Emmanuèle Perron. Pour la responsable, l’objectif est de ne pas retarder le calendrier du projet d’aménagement des postes 11 et 12.

Crainte des acteurs privés

Pour Baptiste Maurand, ce changement juridique ne remet absolument pas en cause la loi de 2008 comme le craignent les acteurs privés. « En aucun cas, la séparation qui existe entre l’opérateur de terminal et l’opérateur portuaire ne sera remise en cause. Avec l’arrêt Verdon, les conventions de terminaux ont dû être requalifiés. Il n’y a pas eu d’autres choix que d’opter pour une convention de services. Ce régime est le seul moyen dont nous disposons pour fixer des objectifs de trafics avec des pénalités associés si ces objectifs ne sont pas atteints. Nous voulons avoir les moyens de dire si nécessaire : vous n’êtes pas suffisamment performants  » explique le directeur général. « L’investissement sur Port 2000 doit nécessairement être fructueux » reprend Emmanuèle Perron.  En filigrane, on comprend que les responsables représentant l’autorité portuaire craignent que les opérateurs se contentent d’augmenter leurs marges sans nécessairement que les trafics suivent.

Quant au projet de chatière, l’accès fluvial à Port 2000, la bonne nouvelle vient de l’Europe, qui a attribué tout récemment une enveloppe de 25 M€ pour mener à bien ce projet. Une enquête publique est prévue en 2020. La fin des travaux pourrait intervenir en 2023.

Jacques Laurent

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