Hervé Martel est à la tête d'Haropa-Port du Havre depuis 2012. Il est en outre le président de l'Union des ports de France. ©Eric Houri

Hervé Martel « rempile »  à la tête du port havrais pour une durée indéterminée mais qui serait, selon toute logique, de courte durée. Le gouvernement a manifestement quelques difficultés de recrutement. 

À la tête d'Haropa-Port du Havre depuis 2012, Hervé Martel vient d'être nommé par publication au Journal Officiel président du directoire du port du Havre par intérim. Officiellement, son mandat de directeur général d'Haropa-Port du Havre arrivait à échéance le 12 mars à minuit. 

Cette transition devrait également, et en toute logique, être de courte durée selon des sources internes, sans qu'aucune échéance ne soit communiquée. Une chose est certaine sur la place portuaire havraise, le président de l'Union des ports de France devrait quitter définivement ses fonctions pour voguer vers d'autres horizons. Même si rien n'est officiel pour l'instant, le gouvernement pourrait en effet nommer par décret Hervé Martel pour succéder à Marseille à Christine Cabau-Woehrel, qui rejoint l'armateur basé à Marseille CMA CGM. Cet intérim s'inscrirait dans la volonté de continuer à gérer l'établissement sans discontinuité.

Un « problème de stock de dirigeants » ?

Il en était question déjà il y a quelques semaines. Mais on lui prêtait alors d'autres intentions, dont celle de la DGTIM, direction générale des infrastructures, des transports et de la mer, qui est revenu à Marc Papinutti, avant de le pressentir pour piloter la préfiguration de la fusion des trois ports de l'axe Seine en un établissement portuaire unique, mission qui incombe finalement à Catherine Rivoallon. À Marseille, il fut un temps question pour pallier le départ de Catherine Cabau-Woehrel de Nicolas Gauthier, directeur général du groupe Portsynergy, qui a décliné pour des raisons qui tiennent davantage aux conditions d'emploi. Puis le nom de Jérôme Giraud, actuel directeur général du port de Toulon et ex-directeur commercial de Marseille-Fos, a circulé et emporté un certain succès d'estime localement.

L’État semble rencontrer quelques difficultés à renouveler les directions de ses Grands Ports maritimes, dont les mandats parviennent à échéance ou ont échu (à l'exception de ceux d'Outre-Mer hors La Réunion, où c'est acté), postes qui étaient rémunérés (fixe et variable) en 2017 selon les ports entre 136 000 (La Rochelle ou Bordeaux par exemple) et 175 K€/an, en l'occurrence pour Le Havre et Marseille.

J.L, A.D

Retrouvez dans le dernier JMM Magazine – un numéro spécial « trafics portuaires » – un sujet sur la gouvernance portuaire française.