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La filiale portuaire de Cosco poursuit sur sa lancée de la croissance mais ce n’est pas aux ports chinois qu’elle la doit. En 2019, le manutentionnaire a traité près de 103 MEVP dans ses terminaux. Une hausse de 5 % mais contrastée.

Avec un total de 102,8 MEVP manutentionnés dans ses terminaux en 2019, Cosco Shipping Ports (CSP) affiche un trafic en hausse de 4,8 % par rapport à l’année précédente, enregistrant ainsi un volume supplémentaire de près de 5 millions de conteneurs équivalent vingt pieds. Une croissance réalisée de manière organique, à la fois par ses installations existantes et le lancement de nouveaux terminaux, comme au port de Khalifa à Abu Dhabi. Dans ce décompte ont été pris en compte tous les conteneurs traités dans l’ensemble des terminaux détenus par la société, quelle que soit la part de sa participation. Qingdao est le seul terminal que CSP détient en totalité et ce, depuis 2017.

La filiale de Cosco pour l’exploitation portuaire, spécialisée dans les terminaux à conteneurs, réalise toujours l’essentiel de son activité (76 % avec 74,8 MEVP) avec ses 25 sites portuaires chinois, répartis sur toute la façade maritime du pays, depuis Dalian, au nord, à proximité de la frontière nord-coréenne, jusqu’à Qinzhou, au sud, près du Vietnam. Mais ce sont ses installations à l’étranger qui la tirent vers le haut. Alors que la hausse d’activité n’est que de 2 % dans les terminaux chinois, elle est de 13 % à l’international avec 27,99 MEVP. Qinzhou et les terminaux de la région Sud-Ouest de la Chine font, de ce point de vue, exception car le premier enregistre un bond de 19,5 % pour atteindre 1,6 MEVP et les seconds sont en croissance de 21,4 % avec 1,64 MEVP.

Activité en ralenti dans sa zone de confort

Mais dans les autres régions chinoises, l’activité de Cosco Shipping Ports progresse plus modestement : + 3,4 % pour les huit terminaux du Golfe de Bohai, autour de Pékin, avec 19,6 MEVP, et + 2,2 % pour les neuf du delta du Yangtsé, autour de Shanghai, avec 20,2 MEVP. Les quatre terminaux de la côte Sud-Est, face à Taïwan (que CSP considère comme partie intégrante de son territoire), affichent un trafic total de 5,8 MEVP, en progression de 1,5 %. L’activité ralentit dans le delta de la Rivière des Perles (+ 0,3 %, 27 MEVP), pourtant l’historique pays de cocagne de Cosco : si les terminaux de Canton tirent leur épingle du jeu avec 11,3 MEVP (+ 3,3 %), il en va autrement pour Hong Kong (3,2 MEVP, - 6,3 %) et leurs voisins de Yantian (13 MEVP, - 1 %), malmenés par la situation politique et les manifestations.

Celui qui fut longtemps le plus grand port de conteneurs mondial, Hong Kong (18,36 MEVP, tous terminaux, tous opérateurs), a décroché depuis 2011. Ses volumes avoisinaient alors les 25 MEVP. L’ex-leader a mal vécu la concurrence des ports voisins en eaux profondes de Shenzhen et de Guangzhou, deux zones industrielles en plein essor qui expédiaient avant la majeure partie de leur production par Hong Kong. Il subit aussi celle de Singapour, qui s'approprie une part croissante de l'activité de transbordement en Asie de l'Est, un des piliers de Hong Kong. 

À l’international, meilleure fortune

À l’international, les terminaux exploités par Cosco Shipping Ports au Pirée, à Suez, Istanbul, Anvers, Zeebrugge, Abu Dhabi, Seattle, Singapour, Rotterdam, accumulent un volume de 28 MEVP. Les manutentions y ont été 13 % plus nombreuses en 2019 qu’en 2018.

Se distinguent à la hausse Le Pirée (5,2 MEVP, + 17 %), où Cosco envisage, entre autres, un 4e terminal, Suez (3,2 MEVP, + 21 %) et surtout Singapour, le deuxième plus grand port du monde en volume (37 MEVP), où il est en joint-venture avec PSA dans un terminal qui a réalisé 5 MEVP en 2019 (+ 57 %). Avec des trafics plus faibles, les sites de Seattle (204 000 EVP) et de Zeebrugge (484 000 EVP) affichent néanmoins des hausses de 22 % et 23 %. D’autres sont en revanche confrontés en 2019 à une baisse d’activité, en particulier à Anvers (2,2 MEVP, - 5 %) et Euromax à Rotterdam (2,8 MEVP, - 9 %).

Au total, Cosco Shipping Ports, dans ses 37 ports mondiaux, dispose de 297 postes à quai, dont 206 dans des terminaux à conteneurs. Le 5e manutentionnaire mondial selon Alphaliner, revendique une capacité annuelle de manutention de 114 MEVP, ce qui laisse une marge de progression de 10 % à équipements constants.

PSA, également tiré par l’international

Le leader mondial singapourien PSA a également présenté des résultats en hausse de 5,2 % en 2019, les volumes de conteneurs traités dans le monde ayant atteint 85,2 MEVP, également tirés par l’activité internationale (+ 8,1 %, à 48,3 MEVP) et ses nouveaux terminaux, tels DCT Gdansk, PSA Halifax et Penn Terminals.

Selon le consultant britannique Drewry, le volume portuaire mondial de conteneurs augmentera de 3,3 % en 2020. La société a légèrement revu à la baisse (-0,7 point) sa dernière estimation réalisée en septembre dernier. En cause, les politiques protectionnistes en vigueur, dont les armes, les droits de douanes « punitifs », ne sont pas des alliés du transport maritime en général.

Étienne Berrier

 

Shanghai reste le premier port à conteneurs du monde

Le port géré par le Shanghai International Port Group, une filiale de China Harbour Engineering, a conservé en 2019 son rang de port à conteneurs le plus fréquenté au monde, avec 43,3 MEVP. Shanghai détient ce statut depuis 2010, date à laquelle il traitait 29,05 MEVP. En 2018, il est aussi devenu le siège d’un grand terminal automatisé d’une capacité de 6,3 MEVP dans le cadre de la quatrième et dernière phase du développement du port en eaux profondes de Yangshan.