© Port de Hambourg - Andreas Schmidt-Wiethoff

 

Le port allemand a enregistré, au cours du premier trimestre 2020, une baisse significative de son trafic maritime, principalement dans les vracs mais aussi dans les conteneurs. Les échanges avec l’hinterland ont moins souffert des effets de la crise sanitaire.

« Même le plus grand port d’Allemagne est touché par les répercussions de la crise du coronavirus », a déclaré le port de Hambourg, le 15 mai dernier, avant de présenter ses chiffres pour le premier trimestre 2020. Le trafic maritime a atteint 31,9 Mt, soit 7,9 % de moins qu’en 2019. Alors que le tonnage sortant (14,3 Mt) ne baisse que de 1,3 %, le trafic entrant accuse quant à lui une chute de 12,7 %.

Les marchandises diverses non conteneurisées (300 000 t), constituées principalement de trafic export, sont les plus touchées par la baisse en tonnage (- 19 %). Les vracs (9,4 Mt) s’affichent également en retrait de 12 %, de façon plus marquée pour les vracs secs (- 16 %, 4,7 Mt) et de 18 % pour les vracs liquides (2,7 Mt). Les vracs agricoles, en revanche, tirent leur épingle du jeu : la hausse de 11 % des volumes manutentionnés porte leur tonnage à 2 Mt. Les exportations de céréales, en particulier, ont été multipliées par 2,7 pour atteindre un volume total de 694 000 t.

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Davantage d’annulations d’escales

Principal trafic du port en tonnage, les conteneurs ont connu entre janvier et mars une baisse d’activité plus atténuée que celle des vracs : le nombre de boîtes manutentionnées sur les quais de Hambourg a atteint 2,2 MEVP, soit 6,6 % de moins qu’au premier trimestre 2019. « La mise à l’arrêt de l'économie chinoise, qui a entraîné des blank sailings pour le transport maritime, s'est traduite par une baisse de la manutention du fret », explique Axel Mattern, codirecteur général du port. Sur 551 escales prévues en mars, 26 ont été annulées, alors qu’il y avait eu seulement six annulations en janvier et une en février.

De fait, le trafic de conteneur est en repli de 15 % pour les échanges avec la Chine, qui est, et de de loin, à la fois la première provenance et la première destination des navires porte-conteneurs escalant à Hambourg avec près de 580 000 EVP manutentionnés sur les trois premiers mois de l'année. Les échanges avec les États-Unis (146 000 EVP) ont au contraire fortement progressé, avec une hausse de 21 %. « Cette tendance étonnamment bonne doit être attribuée à quatre services de conteneurs nouvellement lancés à partir de Hambourg au début de 2019. Ceux-ci ont assuré des volumes de trafic plus importants, surtout avec les ports de la côte est des États-Unis », indique Axel Mattern.

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Résistance des pré- et post-acheminements

Les échanges de conteneurs avec Singapour (111 000 EVP) sont aussi en progression (+ 10,5 %) qui pourrait s’expliquer, selon Axel Mattern, par le recours accru du port de la Cité-État au transbordement, des services qui étaient auparavant effectués dans d’autres ports asiatiques. Le trafic de conteneurs en provenance et à destination de la Grande-Bretagne (70 000 EVP) se distingue lui aussi au premier trimestre, avec une hausse de volume de l’ordre de 40 %.

Le transbordement est celui qui a été le plus touché au premier trimestre puisqu’il a subi, avec seulement 772 000 EVP manutentionnés, une baisse de 10,8 %. Les pré et post-acheminements à destination de l’hinterland, que ce soit par route, rail ou voie d’eau, ont en revanche mieux résisté, bien qu’en diminution de  4,3 % (1,4 MEVP). Les liaisons ferroviaires, en particulier, qui avec 663 000 EVP comptent pour plus de 47 % des acheminements terrestres de conteneurs sur les terminaux maritimes de Hambourg, ont baissé de 4,6 % par rapport au premier trimestre 2019 mais restent largement au-dessus des 612 000 EVP du premier trimestre 2018.

Au vu du contexte actuel et du nombre des annulations de service, le port de Hambourg enivsage une chute de trafic plus marquée au second trimestre. La reprise pourrait cependant avoir lieu avant l’été selon Axel Mattern. « À partir de juin, il est tout à fait possible, qu’avec un redémarrage progressif de l’économie en Chine et en Europe, nous observions une augmentation du nombre d’escales », estime-t-il.

Étienne Berrier