Il était encore troisième il y a peu, derrière les leaders espagnols Valence et Algésiras. Il vient de déboulonner l'un d'entre eux pour se hisser à la seconde place en Méditerranée.

Une place de plus. Le port grec n’en finit plus de gagner des EVP et de grignoter des places. Le voici désormais au second rang des ports méditerranéens derrière l’espagnol Valence et supplantant Agésiras. Sur le plan de la manutention portuaire, le Pirée se classe au 37e rang mondial après avoir grimpé de sept places en deux ans, selon le Lloyd's List Top 100 Global Ports.

Dynamar en faisait le 36e port mondial en 2017, avec 4,144 MEVP. Mais plus que le classement, c’est la croissance qui étonne : en 2015, le leader portuaire grec devant Thessalonique enregistrait un trafic de 3,3 MEVP, de 3,67 MEVP en 2016 et 4,1 MEVP en 2017. Il a vécu 2018 au rythme d’une moyenne trimestrielle de 1,1 MEVP. L’opérateur portuaire Cosco Shipping Ports, propriétaire depuis 2016 et jusqu’en 2052 de l’OLP, l’autorité portuaire du Pirée, mais déjà opérateur avant cela des deux terminaux à conteneurs, y est sans doute pour beaucoup. Toutefois, le groupe chinois y a aussi enregistré sur les six premiers mois de l’année 2018 une de ses plus fortes croissances mondiales (+18,4 %) avec 2 075 548 EVP (sur un total monde de 56,7 MEVP).

La mise en service du Cosco Shipping Taurus, un giga-cargo d’une capacité de plus de 20 000 EVP n’est pas pour rien dans cette inflation. Dans cette zone de la Méditerranée orientale proche du canal de Suez et de son intense trafic, le Pirée représente une des « escales » clefs du projet pharaonique des nouvelles « routes de la soie », permettant de gagner entre 8 à 12 jours sur un trajet d’un mois (plus de 14 000 km) pour exporter les marchandises en Europe. Selon le Lloyd, les trois terminaux du Pirée devraient enregistrer en 2019 un total de 4,9 MEVP, toujours derrière Valence, à 5,1 MEVP.

Le Pirée capitalise aussi sur le trafic de véhicules, avec selon le Lloyd, 120 000 voitures traitées. Le premier port grec, présidé et dirigé par deux ex-dirigeants de China Cosco Shipping (CoscoCS), affiche aussi des ambitions dans la réparation navale à Kastelli, chantiers en déclin ces dernières années, et les croisières. Le groupe chinois Cosco avait formulé cette ambition dans ce domaine dès sa prise de contrôle.  Dans la croisière, le Pirée figure parmi les 10 premiers ports méditerranéens. 

---A.D.---

 

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