L’EPR Port Sud de France, gestionnaire du port de Sète, et la Région Occitanie, son propriétaire, vont investir 6 M€ dans le transfert-extension de l’actuelle plateforme ferroviaire. Objectifs : faire passer le taux de camions utilisant le fer de 30 à 50 %.

« L’objectif est de passer de 25 000 remorques en 2018 à environ 30 000, indique Olivier Carmès, directeur général du port. 30 % des camions qui arrivent à Sète utilisent le mode ferroviaire, nous souhaitons passer à 50 % d’ici à deux ans. Cette offre multimodale (route, fer, canal, Ndlr) est l’un de nos gros arguments commerciaux. Pour attirer les opérateurs, il faut développer des options multimodales. Les chargeurs réfléchissent de plus en plus à la façon de transporter les remorques et conteneurs par voie ferroviaire. Les solutions sont certes longues à mettre en place, mais une fois qu’elles le sont, les trafics deviennent réguliers. » Le futur équipement intègrera la technique de chargement roulant (horizontale, à l’aide de rampes) des remorques, et non plus verticale (à l’aide de grues), sur des wagons surbaissés Modalohr. « Ce changement permettra plus de productivité, complète Olivier Carmès. Par ailleurs, tous les chargeurs pourront utiliser la plateforme, alors que le chargement vertical n’est pas possible pour tous. »

La gestion confiée à un privé

Un opérateur privé prendra à sa charge l’installation des rampes de chargement et exploitera la zone. L’actuel exploitant est Viia (SNCF Logistique, Le Boulou). Le port de Sète affiche une expérience ferroviaire depuis trois ans, avec Ekol. Venant du port d’Izmir, en Turquie (deux connexions par semaine), une partie des remorques utilisent la voie ferroviaires, pour rejoindre Bettembourg (Luxembourg) ou Noisy-le-Sec et desservir ensuite l’Europe du nord. Ces liaisons ferroviaires chargent aussi des conteneurs. La capacité des trains complets atteint 38 remorques et 12 conteneurs. Les marchandises transportées sont pour la plupart des pièces automobiles, de l’électroménager et du textile. Le transfert de l’actuelle plateforme est rendu nécessaire par le projet de construction de nouvelle gare maritime, porté par la Région Occitanie. La future plateforme sera située à environ 300 m de l’existante, entre le bassin Colbert et le quai H. Elle entrera en service fin 2020, après un an de travaux.

Hubert Vialatte 

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