Les premiers navires traités sous Ci5 étaient le Missisauga Express, le MSC Luisa, Miriam Borchard, le Berlin Bridge et le Saumaty.

Le 16 octobre à minuit, AP+ disparaissait dans les limbes informatiques pour laisser place à un nouveau cargo community system (CCS) développé par la société d’informatique marseillaise MGI. Un big bang pour les quelque 3 000 utilisateurs, agents maritimes, manutentionnaires, commissionnaires en transport. Contre tout attente, ce sont les trafics roll qui rencontrent des difficultés. Les professionnels témoignent de leur premier mois d’activité sous Ci5.

Ci5 ne laisse pas indifférent. Depuis le 17 octobre au matin, les professionnels du transport français faisant transiter de la marchandise par le port de Marseille-Fos ont découvert leur nouvel environnement informatique. Si d’un point de vue fonctionnel, les utilisateurs sont unanimes et plébiscitent ce nouveau système, en revanche ils ont essuyé les tout premiers dysfonctionnements techniques, notamment les problèmes d’interface avec la douane.

« Nous pouvions entrer les déclarations dans Ci5 mais, faute d’obtenir le justificatif fiscal de la sortie communautaire de la marchandise, nos clients étaient en droit de bloquer les factures et de refuser de nous payer », explique la direction de Vectorys.

Le Bon à Enlever (BAE) visé par la douane n’apparaissant pas dans le nouveau CCS, la direction régionale des douanes a mis en place, dès le 22 octobre, une procédure de secours pour contourner cette difficulté en autorisant « exceptionnellement le chargement sur navire des marchandises ayant obtenu le BAE dans le système douanier Delta bien que le statut n’apparaisse pas dans Ci5 ».

« Beaucoup de choses se sont améliorées depuis le passage des déclarations en ECS (Export Control System) de sortie. Ci5 fonctionne bien pour le conteneur. En revanche, nous rencontrons des problèmes pour les remorques sous un même BL puisqu’il faut attendre le vu à quai de chaque remorque. Nous avons renforcé le personnel de quai pour faire viser les documents par la douane au Hangar 17. Nous avons dû attendre des demi-journées voire plus car il n’y a pas de reconnaissance unitaire des remorques. Certains transitaires, pour aller plus vite, ont pris l’option d’éditer un BL par remorque mais cela représente 35€ par BL », ajoute Vectorys, spécialiste des flux Europe-Maghreb.

Ci5, le roll à la remorque 

Pour comprendre et résoudre ces dysfonctionnements, TLF Méditerranée a tenu une réunion mi-novembre réunissant MGI et les entreprises (Vectorys, Militzer & Münch, Gefco, Dimotrans, Transcargo, Heppner, Schenker). « Le premier mois est forcément une période de rodage. Période durant laquelle le trafic roll n’a pas été apprécié au même titre que le conteneur. Nous avons créé une boîte à idées pour ensuite remonter les différents problèmes à MGI. Globalement, Ci5 marche bien », assure Michel Mattar, directeur général de TLF Méditerranée.

Une réunion est également programmée en décembre avec les transitaires. « Pour nous, les opérationnels, il s’agit d’un changement profond qui a généré de l’anxiété, de la tension durant plusieurs semaines mais les choses s’améliorent. Par exemple dans le groupage, le système marchait pour 60 déclarations mais par pour 100. Le point noir reste le trafic de remorques. MGI a indiqué qu’il fallait trois mois pour stabiliser le système. Nous verrons donc début 2019 si tout fonctionne », explique Stéphane Salvetat, président du Syndicat des Transitaires de Marseille-Fos (STM).

L’agence maritime Promaritime se félicite du nouveau CCS qu’elle qualifie de plus intuitif et surtout plus simple qu’AP+. « Avant pour un booking, il y avait trois références : celle de l’agent, celle du transitaire et celle d’AP+. A présent, il n’y a plus que le numéro de BL », se réjouit Abdel Guerram. Autre point positif relevé par le représentant de l’armement Neptune à Marseille et à Fos, l’agent n’a plus besoin de saisir les ports de la rotation, ni les transit-time à l’entrée en flotte d’un nouveau navire sur un service existant. Quels que soient les avis, Ci5 n’a pas rencontré d’arrêt de service malgré un basculement total du CCS. Le système s’améliore de jour en jour, la fin du rodage est proche. Dominique Lebreton, directeur audits, projets et commercialisation de MGI annonce la fin de la période de stabilisation au 16 décembre.  

--- Nathalie Bureau du Colombier ---

Retrouvez l’interview de Dominique Lebreton, directeur audits, projets et commercialisation, membre du directoire de MGI dans le numéro en date de décembre du Journal de la Marine Marchande. Il revient sur les apports du nouveau système, explique les dysfonctionnements et présente plus globalement les développements de la spécialiste infologistique marseillaise.