Stéphane Salvetat, reconduit à la tête du STM pour un an. Il s’est donné comme objectif de franchir le cap de cent adhérents en 2021. ©NBC

 

Réunis le 29 septembre sur les hauteurs de Marseille, les adhérents du syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM), entendent peser sur les grands sujets portuaires à venir. Raison pour laquelle le conseil d’administration du syndicat a été élargi et s’est féminisé au passage. 

« Avec les défis que nous avons à relever auprès des instances nationales et européennes, pour siéger dans les commissions du port de Marseille-Fos, il nous faut du monde ! Nous avons élargi notre conseil d’administration de 18 à 20 membres avec 20 % de femmes », clame Stéphane Salvetat, dont le mandat à la tête du syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM) a été renouvelé le 29 septembre pour la 5e fois et pour un an

À n’en pas douter, les frais de stationnement et les surestaries sera un des sujets sur lesquels le syndicat entend obtenir des clarifications, compte tenu de l’hétérogénéité des pratiques. La problématique du stationnement prolongé des conteneurs à quai a été particulièrement criante durant les grèves de décembre 2019 à février 2020. « Pourquoi, dans le cas de stationnement de reefers, c’est la compagnie maritime qui facture et pourquoi lorsqu’il s’agit des conteneurs dry, c’est le manutentionnaire ? », ajoute le patron de LAM France. Le syndicat avait notamment obtenu que leur soient remboursés 13 jours de stationnement contraints (à cause des grèves de janvier). 

Surestaries et frais de stationnement : qui doit payer ?

Le professionnel est également revenu sur le défaut persistant de compétitivité du port de Marseille tout en pointant du doigt le tour de force des Néerlandais. « Lors de l’accord européen sur le budget, les Pays-Bas ont obtenu le doublement des droits de douane acquittés pour les marchandises étrangères en transit. De fait, Rotterdam va siphonner un peu plus les marchandises européennes. Déjà 95 % du poisson est importé en Europe via Rotterdam. Dans un contexte de pandémie et de chute des trafics aussi bien maritime (- 15 % à Marseille-Fos) qu’aérien (- 30 % à Marignane), la profession, malgré le Prêt garanti par l’État et les mesures de chômage partiel, est affectée par des plans sociaux », alerte-t-il.

La Méridionale et CMA CGM ensemble sur Marseille-Tanger pour contrer GNV ?

Marie-Hélène Pasquier, déléguée générale de l’UMF jusqu’en mai 2021 ©NBC

Des départs 

Lors de cette assemblée générale qui a mobilisé 35 transitaires sur 94 adhérents, La Méridionale a présenté sa nouvelle ligne maritime ro-pax entre Marseille et Tanger qui devrait démarrer début novembre à raison de trois touchées par semaine. Une ligne dans laquelle serait également impliquée CMA CGM.  

« Nous assistons à un repositionnement de CMA CGM aussi bien en méditerranée orientale qu’occidentale », a lancé Stéphane Salvetat en référence à la ligne lancée en juin par l’armateur espagnol JSV qui connecte la France à la Turquie en quatre jours seulement (contre neuf), une durée rendue possible grâce au faible nombre d’escales et au déploiement d’un navire en complément par CMA CGM.

Cette assemblée générale fut aussi celles des départs : Herbert de Saint-Simon, président de TLF Overseas, quitte ses fonctions pour prendre sa retraite. Des élections se tiendront la semaine prochaine pour désigner son successeur. La déléguée générale de l’UMF, Marie-Hélène Pasquier, qui a porté et incarné l’association pendant 35 ans, a prévu de raccrocher les gants en mai 2021.   

Nathalie Bureau du Colombier