À fin mai, le trafic maritime consolidé des trois ports de l'axe Seine avait enregistré une progression de 5,1 %, à 40 Mt. Une croissance tirée par la dynamique des conteneurs et des vracs. L'ensemble portuaire affichait en outre une progression de l'activité fluviale fin avril de 55 %. 

Indicateur clé de maturité d'un port, le trafic de conteneurs poursuit sa progression au Havre avec une croissance de 4 % en EVP (1,2 million d'unités équivalant 20 pieds) et en tonnage (12 Mt). Les autorités portuaires retiennent notamment une activité record en avril, le « meilleur sur les cinq dernières années ». Cette hausse est essentiellement portée au Havre par le trafic hinterland (+ 3,2 %) et notamment des conteneurs hinterland pleins (+ 2,4 %). Le trafic en transbordement progresse également (+ 10 %). Et le fameux terminal multimodal du Havre, qui fait couler tant d’encre, a traité 32 000 EVP de janvier à avril 2019, soit une progression de 12 %, « confirmant la croissance de 7 % déjà enregistrée en 2018 ».

La direction portuaire y voit notamment l’effet de la dynamique des services et de la réorganisation consécutive au jeu d’alliances entre les principaux transporteurs maritimes, le Havre étant le premier port touché à l’import et dernier port touché à l’export sur le range nord-européen. Depuis avril 2017, il a en effet gagné deux services transatlantiques, 1 service Asie-Europe import avec THE Alliance et un nouveau service Transatlantique avec Ocean Alliance depuis avril 2018. Il indique également l’augmentation du nombre des services feeders.

Vracs en super forme

Outre les conteneurs, les vracs ont également contribué à la bonne tenue des trafics ces 5 premiers mois de l’année. Les liquides ont atteint les 20,5 Mt (+ 7 %) avec notamment + 3,1 % sur le pétrole brut, flux pourtant affectés par des incidents de la raffinerie de Grandpuits, tandis que les produits raffinés ont profité de la reprise des importations de produits par les traders, justifie le port. Effet : + 11,1 %.

La dynamique sur les vracs secs (6 Mt, + 8 %), nulle surprise, sont à mettre en perspective avec les tonnages de céréales traités à Rouen, en hausse de 9,3 % à 3,8 Mt. Au 30 avril, les tonnages de céréales exportées depuis le port rouennais atteignaient 6,7 Mt (sur la campagne en cours), soit quasiment le même tonnage que pour la totalité de la dernière campagne (6,9 Mt). Une préfiguration d’une bonne compagne pour les céréales françaises, dont la filière se démène (efforts sur les prix, travail intensif sur la qualité) depuis quelques années pour récupérer des parts de marché perdus au profit des blés de la mer Noire.

Le fluvial, dopé par les conteneurs

L’hirondelle annonçant le printemps a apporté une autre bonne nouvelle, celle du fluvial (+ 55 %, mesure en tonnes manutentionnées en Ile-de-France), dopé à la fois par le développement des volumes conteneurisés au Havre, celui des exportations de céréales à Rouen et par le secteur de la construction en Ile-de-France (+ 70 %, à 5 Mt), résultant des chantiers du Grand Paris sans doute. Un résultat à pondérer toutefois par effet de base : l’activité fluviale a été observée par rapport à la période de référence 2018 qui avait été fortement impactée par la crue. Au départ et à l’arrivée du port du Havre, le trafic fluvial de conteneurs maritimes échangé avec Rouen et l’Ile-de-France a progressé de 14,5 % en EVP.

Pour rappel, l'ensemble des trois ports de l'axe Seine avait enregistré un trafic de 117 Mt fin 2018, en légère progression de 2,5 %.

A.D.