Le port du Sud et de l'Est établissent un partenariat de façon à développer le ferroviaire sur l’axe Nord-Sud. Pas tout à fait avec les mêmes visées mais en ayant tous deux en vue les ports du Benelux dans la mire.

Très connecté en fluvial comme en ferroviaire, via l’axe rhénan, à Anvers et Rotterdam, le port de Strasbourg l’est aussi en ferroviaire avec les ports maritimes français. Après avoir signé en janvier 2018 un accord de partenariat avec Haropa, le port alsacien a conduit la même démarche avec Marseille. Le 4 février 2019, à Strasbourg, la directrice générale Grand Port maritime de Marseille-Fos, Christine Cabau-Woehrel, et le directeur général du Port autonome de Strasbourg, Jean-Louis Jérôme, ont ainsi noué un accord de « partenariat d’hinterland destiné à renforcer l’offre de transport fluviale, maritime et ferroviaire des deux ports sur l’axe Nord-Sud de l’hexagone. »

Pour Marseille, il s’agit avant tout d’étendre vers le Nord son hinterland, en venant concurrencer les ports du Benelux sur leur terrain de jeu favori, la vallée du Rhin. Pour Strasbourg, passer par Marseille en ferroviaire pour les conteneurs maritimes, plutôt que par les ports du Benelux, peut s’avérer payant en termes de transit time, surtout pour les boîtes en provenance ou à destination de la Méditerranée orientale et du Maghreb, mais aussi d’Asie. Cependant, la navette de Naviland Cargo qui relie cinq fois par semaine le port alsacien aux quais provençaux n’est pas directe, puisque la liaison se fait via le terminal de Dijon-Gevrey. La situation est d’ailleurs la même que pour la liaison Naviland entre Le Havre et Strasbourg, ce qui avait conduit à insérer dans le partenariat signé entre Haropa et Strasbourg en janvier 2018 un projet de mise en place d’une navette directe entre les deux ports, afin de mieux faire profiter à Strasbourg de la position privilégiée du Havre, premier port de la rangée Nord touché à l’import et dernier à l’export.

Une navette directe entre Marseille et Strasbourg ?

Cela n’a pas été dit pour l’instant, mais Strasbourg a l’ambition de mieux être relié aux ports français, et songe aussi à se connecter à Dunkerque en ferroviaire. Par ailleurs, comme le fait remarquer Naviland Cargo, le port du Rhin est bien placé pour constituer une des portes d’entrée françaises de la nouvelle route de la soie, liaison ferroviaire entre l’Europe et la Chine pour le transport de conteneurs.

Outre le développement des échanges ferroviaires, l’accord entre Marseille et Strasbourg prévoit une coopération interportuaire basée sur des échanges de bonnes pratiques et une stratégie opérationnelle concertée. La promotion commerciale est aussi mentionnée dans le partenariat, avec l’organisation d’évènements communs et des « échanges d’intelligence de marché ». Enfin, sont aussi prévues des coopérations dans les domaines de la fluidité portuaire, de l’écologie industrielle, de la performance des chaînes logistiques et de la transition écologique.

--- Étienne Berrier ---