Adopté par le parlement le 28 novembre dernier, le décret interdit aux demandeurs d’asile munis d’un permis de séjour temporaire d’obtenir le droit de résidence sur le territoire italien.

 

Les présidents des ports de Naples, Castellamare di Stabia, Salerne,Venise et La Spezia ont rejoint les maires et les quatre présidents de régions dans leur fronde contre l’application du décret sur la sécurité pour contester la refonte des droits sociaux des migrants, pourtant garantis par la constitution italienne.

« Les ports italiens fermés ? Pas du tout », a déclaré lundi matin Pietro Spirito président de l’autorité portuaire de la mer tyrrhénienne centrale qui regroupe les sites de Naples, Castellamare di Stabia et Salerne. Les présidents des ports de Venise et La Spezia ont également pris position contre le décret sur la sécurité.

Adopté par le parlement le 28 novembre dernier, ce décret interdit aux demandeurs d’asile munis d’un permis de séjour temporaire d’obtenir le droit de résidence sur le territoire italien. Sans ce titre, les migrants ne peuvent pas bénéficier de sécurité sociale, intégrer leurs enfants au circuit scolaire, obtenir un logement ou même s’inscrire sur les listes des demandeurs d’emploi. Ce dispositif, qui raccourcit aussi la durée du permis de séjour accordé aux demandeurs d’asile en attente d’une décision juridique, leur interdit également l’accès aux centres d’accueil lorsque leur titre est périmé.

« Un texte inhumain qui viole les droits de l’homme », estime la fronde des maires et des présidents des régions qui viennent de saisir la Cour constitutionnelle. Pour leur part, les présidents des autorités portuaires contestent la décision adoptée par Matteo Salvini, patron de la Ligue, ministre de l’Intérieur et vice-président du Conseil, qui a décidé de fermer les ports italiens à partir de septembre dernier pour empêcher les navires affrétés par les ONG d'y jeter l’ancre et faire débarquer leurs passagers.

Dans un communiqué, le ministre des Transports et des Infrastructures Danilo Toninelli (Mouvement 5 étoiles, M5s), a brandi la menace des mesures disciplinaires pour contraindre les présidents des autorités portuaires à faire marche arrière. Pour sa part, Matteo Salvini a réaffirmé que les ports italiens sont et resteront fermés.

--- A.F.Dumont ---