Les pluies torrentielles qui, chaque automne, frappent l’Andalousie ont eu en 2018 un effet inattendu et dévastateur sur le port de commerce d’Algésiras. Le 21 octobre dernier, une partie de la ligne ferroviaire entre le port et le nœud de Bobadilla a été endommagée de sorte que les convois ne peuvent plus rouler...

La destruction d'une partie de ligne est partielle – 27 km sur un total de 176 km – mais elle tombe d’autant plus mal que le trafic import-export de conteneurs était en pleine expansion dans un port essentiellement spécialisé jusqu’ici dans le transbordement de marchandises (81% des flux en 2017). Pendant les neuf premiers mois de l’année dernière, le trafic de conteneurs à destination ou en provenance du territoire espagnol a augmenté de 47 % (0,4 MEVP). Une partie des marchandises utilisait la ligne ferroviaire. Avant le 21 octobre, le trafic représentait 14 trains par semaine (7 dans chaque sens) avec un volume annuel de l’ordre de 40 000 EVP environ.

Les dégâts les plus graves concernent un tronçon où le terre-plein a entièrement disparu, d’où la nécessité de construire un nouveau pont métallique. Les travaux de réparation, handicapés par l’impact des inondations sur le réseau routier, ont été engagés mais, selon ADIF, l’entreprise publique espagnole responsable du réseau, la liaison ne sera opérationnelle de nouveau qu’au printemps 2019. Aucune date précise n’a été annoncée à ce jour.

L’interruption de la ligne a réactivé les demandes de modernisation de la ligne, exprimées depuis plusieurs années par l’Autorité portuaire de la baie d’Algésiras (APBA), les entreprises et les responsables politiques locaux. La voie souffre de nombreuses défaillances, dont la plus importante est l’absence d’électrification. La modernisation, bien que réelle, a souffert des retards répétés en raison notamment des coupes budgétaires. Le potentiel de ce trafic ferroviaire a pourtant été mis en lumière par une étude commanditée par l’APBA et dont le contenu été rendu public en décembre 2018. Le nombre de convois pourrait passer à 86 par semaine (43 dans chaque sens) d’ici 2030, voire à plus de 200.

--- Daniel Solano ---