Le transporteur maritime allemand de conteneurs a amélioré significativement ses ratios financiers. Volumes transportés et taux de fret en hausse... Mais bien que la performance globale du premier semestre se soit sensiblement améliorée par rapport à la même période l'an dernier, la dynamique positive s'est enrayée au cours du deuxième trimestre.

Au cours du premier semestre, le transporteur maritime allemand de conteneurs a enregistré une augmentation de 15 % de son chiffre d'affaires (en euros), à 6,2 Md€ en raison d'une hausse de 2 % de ses volumes transportés (5,97 MEVP) et de 10 % ses revenus par EVP (1 071 $ par EVP). La hausse des taux de fret et celle des volumes transportés lui ont permis d’augmenter significativement la plupart de ses ratios financiers.  

L’armement allemand affiche pour le premier semestre 2019 un bénéfice avant intérêts et impôts (EBIT) de 389 M€, soit  plus de trois fois le résultat du premier semestre 2018, qui n’atteignait que 91 M€. Le résultat net du groupe est de 146 millions d’euros, alors qu’une perte de 101 M€ avait été constatée au premier semestre 2018. Quant à son résultat d’exploitation (Ebitda), il a plus que doublé au premier semestre 2019 par rapport à la même période de l’an dernier, à 956 M€, mais mécaniquement, grâce à « un effet positif de 217 M€ résultant des nouvelles normes de reporting IFRS 16 ». Au deuxième trimestre, cependant, l'activité du transporteur s'est considérablement ralentie, le bénéfice net ne représentant qu'environ un tiers de son bénéfice net du premier trimestre. Des taux plus faibles ont été enregistrés sur les routes Asie-Europe, Transpacifique, Moyen-Orient et Intra-Asie. Cette évolution a toutefois été compensée par l'amélioration des tarifs sur les liaisons transatlantiques et latino-américaines. Le taux moyen pour l'ensemble des métiers était de 1 063 $/EVP, comparativement à 1 079 $/EVP au premier trimestre.

« Devenir le numéro un en termes de qualité »​

Le chiffre d’affaires de Hapag Lloyd est aussi en hausse au premier semestre : 6,2 Md€, contre 5,4 milliards l’année passée, à la fois sous l’effet d’un volume de transport en hausse de 2 % (5,9 MEVP) et d’un taux de fret moyen en hausse de 5 % (1071 $/EVP). L’armement note en revanche l’impact négatif sur ses résultats de la hausse du prix du soutage, qui atteint 429 $/t en moyenne au premier trimestre 2019, contre 385 $/t l’an dernier.

Cette hausse des flux est principalement tirée par les trafics Europe-Extrême-Orient et transatlantique. En revanche, les volumes vers le Moyen-Orient souffrent, en repli de 8 %, ainsi que les volumes intra-asiatiques, en chute de 17 %. Si les revenus par EVP transporté ont augmenté en général sur tous les corridors, les recettes sur les trafics au Moyen-Orient a diminué de 3 % à 755 $/EVP.

« Grâce aux volumes de transport plus élevés dans nos métiers de base, à un bon contrôle des coûts et à des taux de fret légèrement supérieurs, nous pouvons constater un bon premier semestre », note le directeur général, Rolf Habben Jansen, dont les perspectives restent inchangées, « même si nous devons faire face à davantage de restrictions commerciales et à un risque géopolitique croissant : au cours du second semestre, nous poursuivrons la mise en œuvre de notre stratégie 2023 afin de devenir le numéro un en termes de qualité ». Hapag-Lloyd a fait de la fiabilité horaire de ses services un des points clés de sa stratégie. Il s'est engagé à ce que dans les deux ans l'entreprise devienne l'une des plus strictes au niveau du respect des délais.

Le n°5 mondial, selon Alphaliner, opère 232 porte-conteneurs, dont 112 en propriété. Avec une capacité déployée de 1,68 MEVP, il pèse 7,2 % du marché mondial.

E.B.