Longue de 116 m, la Scheldt River peut draguer jusqu'à 60 m de profondeur ©GLB

 

Le bunkering de la dague Scheldt River, qui effectue à Brest le dragage du chenal d'accès au futur quai des Énergies marine renouvelables, a fourni l'occasion, pour la première fois dans un port d'intérêt national français, de procéder à un avitaillement en gaz le 19 décembre. 

La drague aspiratrice Scheldt River (rivière Escaut en Flamand) de l'armement SDI, Société de dragage international, filiale française du groupe belge DEME, est à Brest depuis fin novembre où elle a effectue les travaux de dragage du chenal d'accès au futur quai des Énergies marine renouvelables (EMR). Construite en 2017 par les chantiers Royal IHC aux Pays-Bas, la drague présente la particularité d'être dotée d'une propulsion mixte,  GNL et fuel. La deuxième de ce type au sein du groupe.

L'opération d'avitaillement était programmée de longue date mais a néanmoins nécessité, de la part des services de la capitainerie et de l'Ineris (Institut national de l'environnement Industriel et des risques), une longue préparation tant sur le point technique que réglementaire.

Le port de Brest disposant depuis plusieurs années d' une zone sécurisée de déchargement des hydrocarbures et de GPL, l'avitaillement en gaz posait peu de problèmes de ce point de vue. Le respect de nombreux textes réglementaires, édictés par l'OMI, l'Union Européenne, mais aussi la France, sur la protection de l'environnement ou le transport des marchandises dangereuses étaient autant d'écueils qu'il a fallu franchir.

Avitaillement sans difficulté

Il aura fallu quatre camions citernes transportant chacun un peu plus de 17 tonnes de gaz liquéfié à moins 155 degrés venus des Pays-Bas. La livraison a été assurée par la société néerlandaise Titan, associée à Fluxys, spécialisée dans ce type d'opération. Test réussi à l'orée d'une année 2020 qui va voir la mise en application dès le 1er janvier la réglementation internationale IMO2020 sur la teneur en soufre des carburants marins. Une disposition qui pourrait contraindre les armements à trouver des points d'avitaillement en dehors des grands ports congestionés.

Gérard Le Brigand