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Si les compagnies maritimes continuent d’assurer les services, elles ont multiplié depuis janvier les annulations de départs et d’escales. Ces aménagements devraient coûter quelques millions de conteneurs aux ports chinois, qui réagissent en réduisant ou supprimant les droits de port.

En deux à trois décennies, la Chine s’est rendue incontournable d'un bout à l'autre des chaînes de production mondiales pour de nombreux produits de grande consommation et biens intermédiaires. Une baisse d’à peine 0,3 point de croissance de la deuxième économie mondiale aurait un impact presque identique (- 0,2 point) sur celle de l’activité mondiale, a indiqué la Deutsche Bank. La fermeture prolongée des usines chinoises (jusqu'au 9 février) pour contenir l’épidémie a déjà produit ses effets sur les importations et les exportations, perturbant considérablement les chaînes d’approvisionnement mondiales. Apple a fait état de ses difficultés pour ses iPhones, fabriqués en Chine. Les constructeurs automobiles ont annoncé tour à tour le chômage technique de certaines de leurs usines, dont le sud-coréen Hyundai, le japonais Toyota ou encore l'allemand Volkswagen, l’Allemagne étant le premier partenaire européen de la Chine dont elle est très dépendante pour ses exportations.

Si les compagnies maritimes continuent d’assurer les services, elles ont multiplié depuis janvier les annulations de départs et d’escales. Les ports chinois n’ont pas publié leurs trafics de 2019 mais certains d’entre eux ont néanmoins fait connaître leurs volumes de janvier. Trop partiel toutefois pour en tirer des enseignements tangibles. Les ports du nord de Shandong (Yantai, Qingdao, Rizhao, Linayungang) ont ainsi indiqué un volume de 121 Mt et de 2,58 MEVP, soit une augmentation de 6,3 % et de 6,4 % par rapport à janvier 2019. Sur la base d’un prévisionnel, Ningbo-Zhoushan anticipait une baisse 2,9 % en tonnage et de 3,3 % en EVP avec 71,54 Mt et 2,67 MEVP. Guangzhou prévoit 38,75 Mt et 1,58 MEVP, ce qui représenterait une baisse de 9,1 % et 9,9 % par rapport à la même période de l’exercice précédent.

Redevances portuaires réduites

Quoi qu’il en soit, 16 d’entre eux sont passés à l’offensive, en supprimant ou réduisant les redevances portuaires : Guangzhou, Shanghai, Ningbo-Zhoushan, Shandong, Tianjin, Fuzhou, Zhuhai, Wuhan, Xiamen, Chongqing, Zhanjiang, les groupes portuaires de Jiangsu, de Liaoning, de Hebei, du golfe de Beibu et d'Anhui.

L'Autorité maritime et portuaire de Singapour (MPA) a également indiqué qu'elle offrirait une réduction de 50 % des droits de ports pour les navires à passagers, du 1er mars  au 31 août 2020. « Les paquebots et les ferries, dont le séjour au port ne dépasse pas cinq jours, pourront bénéficier de ces aménagements. Cette mesure devrait bénéficier à plus de 600 navires, ce qui représente plus d’1 M$ sur une période de six mois », a précisé l’autorité portuaire.

Selon l'analyste Alphaliner, les ports à conteneurs chinois touchés par les impacts de l’épidémie pourraient y laisser l’équivalent de 6 MEVP au premier trimestre, conséquence des blank sailing et des suppressions d’escales. « L'impact sur les volumes de conteneurs ne sera pas pleinement mesurable tant que les ports n'auront pas publié leurs trafics du premier trimestre, mais les données recueillies sur les escales hebdomadaires des porte-conteneurs dans les principaux ports chinois montrent déjà une réduction de plus de 20 % depuis le 20 janvier », indiquait le consultant dans une de ses notes hebdomadaires.

Adeline Descamps