41 personnes ont été diagnostiquées porteuses du virus sur le MS Roald Amundsen exploité par l’armateur norvégien Hurtigruten ©Hurtigruten

 

La Norvège a décidé le 3 août d’interdire aux paquebots de plus de 100 personnes de débarquer leurs passagers dans ses ports après la découverte d’un foyer de contamination au coronavirus sur un navire dans le port de Tromsø. Le 1er août, un cas suspect avait été détecté à bord du Paul Gauguin, un des fleurons de la compagnie éponyme que la société française Ponant avait acquise il y a un an.

Le cauchemar reprend pour les compagnies de croisière qui furent les premières à reprendre la mer après le confinement. Plus de quarante personnes ont été diagnostiquées porteuses du virus sur le MS Roald Amundsen exploité par l’armateur norvégien Hurtigruten, tandis que des centaines d’autres ont été priées de se mettre à l’isolement pendant dix jours. La Norvège a pris contact avec l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche, les Philippines et la Lettonie, les pays dont sont issus les passagers et membres d’équipage du paquebot, ont déclaré les autorités norvégiennes de santé publique.

La Norvège a suspendu pendant 14 jours le débarquement de passagers dans ses ports pour les paquebots de 100 passagers ou plus, a rapporté Reuters. Les navires, déjà en route vers les ports norvégiens, pourront toutefois accoster, a précisé le ministre norvégien de la Santé, Bent Høie.

Les croisières jouent la carte nationale

Hurtigruten suspend ses croisières

L’armateur norvégien Hurtigruten avait été, à la mi-juin, parmi l’une des premières compagnies au monde à reprendre la mer après la levée du confinement en faisant le choix de se concentrer sur le marché intérieur. Le spécialistes des croisières côtières avait alors amorcé avec le MS Finnmarken le 16 juin vers Bergen. Les Richard With, Trollfjord et Midnatsol avaient également repris leurs itinéraires initiaux. Mi-juillet, Hurtigruten avait réactivé ses premières croisières d'expédition.

Le groupe a décidé de suspendre toutes ses croisières jusqu’à nouvel ordre, y compris ses croisières d'expédition arctique sur le Spitzberg et sur le Fridtjof Nansen, navire d'expédition de la classe polaire PC6 qui naviguait depuis l'Allemagne. Les voyages côtiers entre Bergen et Kirkenes sont toutefois maintenus ainsi que les traversées de la mer du Nord vers l'Europe. « Nous avons fait des erreurs et nous avons échoué dans cette affaire. Nous pensions que nous étions prêts à démarrer les croisières d'expédition et que nous étions bien préparés » a reconnu le PDG de Hurtigruten, Daniel Skjeldam. L'examen préliminaire montrerait plusieurs écarts par rapport aux procédures établies par la compagnie. La société a notamment mandaté DNV GL pour un examen de ses procédures et déterminer si les protocoles ont bien été suivis à bord du navire. 

L'interminable retour à la vie de l'activité croisière

Paul Gauguin, touché également

Cette information survient quelques jours après qu’un cas suspect a été détecté sur le paquebot Paul Gauguin. Le navire de la compagnie, acquise il y a 9 mois par Ponant, était passé sous pavillon français le 14 juillet, juste avant de reprendre son exploitation dans les îles de la Société, les Tuamotu et les Marquises. Il effectuait ici son premier voyage avec des clients internationaux. Lorsque le cas suspect a été découvert, il a été isolé, a indiqué le Haut Commissariat de la République de Polynésie française.

Toutes les personnes qui ont eu un contact direct avec la touriste américaine diagnostiquée lors d’un auto-test effectué le 31 juillet, soit quatre jours après son arrivée le 26 juillet, ont été testées et révélés tous négatifs. Les 148 passagers ont été invités à rester dans leur cabine et les protocoles mises en oeuvre ont permis d’éviter la contagion à bord. Le navire a suspendu son itinéraire et est retourné à son port d'attache à Papeete, Tahiti. Les passagers ont débarqué le 3 août et placés en confinement. Ces personnes, qui feront l’objet d’un suivi (au cours de sa brève expédition, le navire a fait escale à Bora Bora), devront rester pendant 7 jours dans un lieu qu'elles auront choisis. Les touristes internationaux pourraient eux rentrer dans leur pays d'origine, a affirmé le Haut-commissaire lors d’une conférence de presse.

Suivi des croisières renforcé mais pas interdites

Les autorités ont indiqué qu’elles allaient renforcer le dispositif de suivi en croisière. « Il y aura un test obligatoire avant l'embarquement en avion mais aussi avant l'embarquement sur le navire. Nous avons aussi décidé de placer à bord des bateaux des auto-tests. Nous allons également procéder à des contrôles aléatoires à l'arrivée des passagers », rapporte France info. Les protocoles sanitaires en vigueur sur les navires de la compagnie française Ponant vont déjà au-delà de ce que les normes réglementaires exigent.

Si le prochain voyage du Paul Gauguin est remis en cause, il n'est pour l’heure pas question de refermer les frontières, de ne plus accueillir les touristes ou de suspendre l’activité de croisière, ont annoncé les autoriés locales. Au contraire, elles réaffirment que leur « devoir » est de maintenir « l'équilibre entre la crise sanitaire et la crise sociale qu'il faut à tout prix éviter. La Polynésie doit se mettre au travail ». Elles assurent que le virus ne circule pas sur le territoire...

A.D.