©Hapag-LLoyd

 

Le transporteur maritime de conteneurs allemand a l’actionnariat mouvant. À la manoeuvre ces derniers mois, les sociétés contrôlées par Klaus-Michael Kühne et la compagnie maritime chilienne CSAV s’échangent la première place dans le pacte d’actionnaires.

Depuis des mois, les agissements au sein du capital d’Hapag-Lloyd animent la place hambourgeoise. Les sociétés contrôlées par Klaus-Michael Kühne ont procédé au cours de l’année 2019 à une montée progressive au capital du n° 5 mondial du transport maritime de conteneurs. En milieu d’année, Kühne Maritime était détenteur de 25,5 % des parts de la société. En fin d’année, elle possédait 29,6 % des parts, décrochant de CSAV, l’autre principal actionnaire, à 27,3 %. Et ce sans que la structure générale du capital n’en soit modifiée : la part des autres associés – Qatar Investment Authority, via sa filiale Qartar Holding LLC (14,5 %), HGV (13,9 %) et le fonds d’investissement public de l'Arabie saoudite (10,5 %) – était restée intacte. À ce près que la part flottante était alors passée de 10,6 à 8,6 %, et celle des actionnaires institutionnels à moins de 5 %. 

Position de CSAV dans le conteneur 

Cette fois, c’est la compagnie maritime chilienne CSAV qui reprend le lead en portant sa participation à 30 % après avoir acquis des actions de Qatar Holdings, cette dernière réduisant sa participation de 14,5 % à 12,3 %. Une opération à 330 M$, financée par un prêt auprès de son actionnaire majoritaire Quiñenco S.A et justifiée auprès des détenteurs de son capital par une stratégie visant à se désengager de certains activités de transport, comme le ro-ro, pour se concentrer sur le conteneur. « C’​est un nouvel exemple de notre engagement à long terme envers Hapag-Lloyd », a commenté le directeur général de CSAV, Oscar Hasbun, réitérant sa confiance dans « la stabilité que la société a donnée à notre pacte d'actionnaires avec Kuehne Maritime et la ville de Hambourg ».

Ce faisant...

Pour mémoire, Hapag-Lloyd avait intégré l’activité conteneurisée de CSAV en 2015, se hissant alors dans le top 4 du secteur. Le rapprochement s’était accompagné d’un renforcement du capital d’Hapag-Lloyd et avait fait de la Chilienne son actionnaire principal avec une part de 34 % à l’époque, aux côtés de HGV (23,2 %), Kühne Maritime (20,8 %), TUI (13,9 %), Signal Iduna (3,3 %), HSH Nordbank (1,8 %), MM Warburg (1,8 %) et Hanse Merkur (1,1 %). CSAV, HGV et Kühne Maritime avaient convenu de rassembler 51 % des parts pour être en mesure de contrôler la compagnie ensemble. Qatar Holdings était devenu, lui, un actionnaire de Hapag-Lloyd, avec le fonds d’investissement public saoudien, lorsqu’il avait vendu UASC à Hapag-Lloyd en 2017.

Dilution du flottant 

In fine, le nouvel actionnariat de Hapag-Lloyd se compose de CSAV (30 %), Kühne Maritime (29,6 %), la Ville de Hambourg (13,9 %), Qatar Holdings (12,3 %) et le fonds d’investissement public de l'Arabie saoudite (10,2 %). Les 4 % restants sont cotés en bourse. Le n°5 mondial du conteneur avec 7,4 % de parts de marché affiche une capacité conteneurisée de transport de 1,74 MEVP, avec 247 porte-conteneurs. Il fait partie des rares armateurs à ne pas avoir de navires en commande. Mais d’autres spéculations lui prêtent l’intention de commander des porte-conteneurs de très grande taille.

Adeline Descamps

 

CSAV et Kuehne renforcent le capital de Hapag-Lloyd