Les nouvelles concernant l’arctique s’enfilent comme des perles. La route maritime du Nord fut décidément au cœur des enjeux du Forum économique de Saint-Pétersbourg qui s’est tenu début juin. DP World annonce avoir signé une lettre d'intention avec le fonds public d'investissement russe, l'opérateur de la Route maritime du Nord et la société minière Norilsk Nickel​.

C'est la raison d'être et l'instrument de visibilité d'un Forum économique que d'enchasser les partenariats et les accords. Après l'annonce de Novatek, Sovcomflot et Cosco portant ensemble sur les fondations une entreprise de transport maritime pour exploitera une flotte de méthaniers brise-glace sur les routes arctiques, c'est l’opérateur portuaire émirati qui annonce cette fois avoir conclu un accord qui pourrait permettre au groupe basé aux Émirats Arabes Unis d'exploiter les terminaux de futurs ports à conteneurs et polyvalents le long de la Route maritime du Nord le long des côtes russes (Northen Sea Road, NSR), reliant l’Asie et l'Europe via l'Arctique.

DP World indique, dans son communiqué, avoir signé le 6 juin 2019 une lettre d’intention avec le Russian Direct Investment Fund (RDIF), fonds public intervenant aux côtés d'investisseurs étrangers dans des actifs russes, l'opérateur d'infrastructures (celle en l'occurrence de la NSR) et propriétaire de la seule flotte de brise-glace nucléaire au monde Rosatom, et la société minière (nickel et palladium) Norilsk Nickel, dont les installations de production sont situées dans le Grand Nord et qui dispose de ses propres moyens de transport.

Développer le trafic de fret sur la NSR

Comme toute lettre d’intention, les termes du partenariat, dont l’objectif principal est de développer le trafic de fret sur cette route maritime que la fonte accélérée des glaces rend de plus en plus praticable, restent à ce stade imprécis.

« Les parties à cet accord devront élaborer une stratégie pour accroître la praticabilité de la RSN. L'accent sera mis sur le transport de conteneurs et du vrac. Il sera nécessaire de déterminer le montant du financement pour étoffer la flotte de brise-glace existante et des infrastructure portuaires. Un autre pan de l’accord concerne la sécurité de la navigation et la protection de l'environnement ».

Le projet doit encore résister à l’examen d’une étude de faisabilité dans un délai de six mois, aux termes duquel « un décision sera prise quant à la suite du développement du projet », avance prudemment le communiqué de DP World.

A.D.

*Le document a été signé par Dmitriyev Kirill Alexandrovich, directeur général de la RDPI Management Company, Vladimir Potanin, président de Norilsk Nickel, Alexey Likhachev, directeur général de Rosatom, et Sultan Ahmed Bin Sulayem, président de DP World.