Le groupe danois DSV est parvenu aux termes des procédures qui lui permettent d'acquérir le commissionnaire de transport international Panalpina. Recomposition des forces en présence.

Aux termes de plusieurs semaines de tractations avec les actionnaires, de rumeurs et supputations, après avoir tenté en vain d'acquérir d'autres cibles (Ceva Logistics, passé depuis dans le giron de CMA CGM) ou fait mine de ..., le n°8 mondial des commissionnaires internationaux (dans le fret maritime, en termes d'EVP transportés, selon Dynamar), a finalisé l'acquisition du suisse Panalpina, juste devant lui dans les classements mondiaux, qui était détenu à 46 % par la Fondation Ernst Goehner, 12,3 % par le fonds d’investissement suédois Cevian Capital et Artisan Partners (9,9 %), tous deux en divergence de point de vue sur la stratégie avec le premier.

Avec cette opération, DSV cherche à étendre sa présence dans le fret aérien et maritime, un secteur en croissance au sein de son groupe dans un marché en hausse. En 2018, Transport Intelligence estime la croissance globale de la commission de transport international à 3,8 % en aérien et 4,1 % dans le transit maritime. Sur la base des estimations de 2018 établies par Armstrong & Associates, le groupe issu de ce rapprochement se hisserait aux tout premiers rangs mondiaux du marché de la commission de transport aérien et maritime : en 3e position dans le transit aérien et au 4e rang dans le maritime avec un volume consolidé de 2,9 MEVP. Il devancerait ainsi DB Schenker (2,22 MEVP en 2018) et s'aligne derrière Kuehne+Nagel (4,7 MEVP), Sinotrans (3,36 MEVP) et DHL Supply Chain & Freight Forwarding (3,22 MEVP). Dans ce classement, le premier acteur français (Bolloré Logistics) émerge en 11e position avec 864 000 EVP devant Ceva Logistics (CMA CGM inclus) avec 786 000 EVP et Geodis (777 675 EVP).

Prix à payer : 4,92 Md€

Le prix à payer pour y parvenir : 37 milliards de couronnes danoises (4,92 Md€). C’est du reste la plus conséquente opération du groupe danois depuis janvier 2016, date à laquelle il avait mis la main sur l’américaine UTi Worldwide pour 1,35 Md$. La fusion entre les deux géants permettra de consolider un chiffre d’affaires de 118 milliards de couronnes danoises (15,82 Md€) avec un effectif de 60 000 employés et une présence dans 90 pays (sachant que Panalpina dispose d'un réseau mondial de quelque 500 bureaux dans environ 70 pays et emploie 14.500 salariés).

Le nouvel ensemble sera baptisé DSV Panalpina. Les filiales et activités opérationnelles seront unifiées sous la marque DSV, au fur et à mesure de l'intégration. Un processus qui durera entre deux et trois ans, explique le Danois. Sur la base d'estimations préliminaires, DSV anticipe pour cette opération des synergies de coûts annuelles de l'ordre de 2,2 milliards de couronnes (295 M€), avec plein effet en 2022, et un effet relutif sur son BPA (dilué et ajusté) à horizon 2021. Ils proviendront certes des frais de gestion des deux entités mais principalement de « la consolidation des opérations, des installations logistiques ».

Le staff danois aux commandes

En termes de gouvernance, Kurt Kokhauge Larsen prendra la présidence. Jens Bjørn Andersen, actuel directeur général de DSV, pilotera donc l’ensemble, avec Jens H. Lund aux finances. Le conseil d’administration sera composé des trois dirigeants ainsi que de Thomas Stig Plenborg, « baron suisse », membres de conseil d’administration de quelques entreprises emblématiques du pays.

A.D.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le même sujet