Les deux plus grands groupes chinois de construction navale, China Shipbuilding Industry Corp (CSIC) et China State Shipbuilding Corp (CSSC), prévoient de fusionner, ont annoncé les deux groupes cotés en bourse le 1er juillet dans des avis financiers, distincts mais similaires. Dans l'attente des autorisations réglementaires et sans détails sur le plan de consolidation.

En mars dernier, les spéculations de fusion entre les deux principaux constructeurs navals chinois – China State Shipbuilding Corporation (CSSC) aux actifs localisés au sud de la Chine et China Shipbuilding Industry Corporation (CSIC) dont les sites sont principalement situés au nord – avaient gagné en intensité à la suite de la rencontre entre les dirigeants des deux groupes. Une rencontre « vivement recommandée » par le gouvernement chinois, qui souhaite mettre de l'ordre dans ses actifs publics afin de réduire la concurrence horizontale. 

Les deux plus grandes sociétés de transport maritime du pays, Cosco et China Shipping, ont ainsi achevé leur consolidation en 2016, tandis que les deux principales entreprises logistiques, China Merchants Group et Sinotrans CSC, ont finalisé leur intégration en 2017. Le secteur chinois est en revanche encore dominé par trois grandes entreprises d'État, dont deux monopolistiques (CSSC et CSIC), tandis qu'a été créée Cosco Shipping Heavy Industry en 2016. SelonVesselsValue, CSSC et CSIC présentent respectivement un carnet de commandes de 278 et 141 navires.

Les deux leaders chinois de la construction ont ces derniers mois procédé à une restructuration de leur portefeuille, ce qui a alimenté d'ailleurs les rumeurs quant à la préparation d'une probable fusion. CSIC a par exemple fusionné Dalian Shipbuilding Industry (DSIC), son navire amiral mais en difficultés financières, et Bohai Shipbuilding Industry. 

Opération précipitée par la fusion sud-coréenne

La Chine n'a pas été épargnée par les effets collatéraux à la crise financière mondiale de 2008. De nombreux chantiers de petite et moyenne taille ont déclaré en faillite. Entre 2009 et 2016, plus de 140 entreprises chinoises de construction navale ont fermé leurs portes, tandis que plus de 90 autres ont fusionné ou ont été acquises. Seuls 4 % des constructeurs navals en Chine représenteraient aujourd'hui 64 % des commandes de nouvelles constructions.

La fusion annoncée entre les deux grands de la construction navale sud-coréenne, via la reprise par Hyundai Heavy Industries de son compatriote Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering (DSME) avec le soutien financier de son bailleur de fonds (Korea Development Bank) et la bénédiction des plus hauts sommets de l’État coréen, n'est pas étrangère à ces mouvements. Redoutables concurrents pour leur antériorité et la maîtrise de navires plus sophistiqués (méthaniers notamment), l'opération si elle reçoit toutes les autorisations antitrust (auprès de la Fair Trade Commission en Corée et autres organismes similaires ailleurs, process en cours) donnera naissance à un géant mondial de la construction navale. Ensemble, HHI et DSME contrôleront 21 % du carnet de commandes mondial de la construction navale. Si la fusion se concrétisait, la concurrence entre les secteurs chinois et sud-coréens pourrait donc s’exacerber. 

Ce projet, qui s'ajoute à la longue liste des fusions d'entreprises publiques organisées par le gouvernement chinois, doit encore obtenir l'aval des autorités concernées par cette opération et de nombreux détails restent à régler avant de finaliser une proposition, ont précisé les deux groupes.

A.D.