Des organismes publics et privés des secteurs maritime, énergétique, financier, soutenus par des gouvernements et ONG, ont lancé le 23 septembre une initiative visant à réduire les émissions de carbone des navires d'ici 2030. Une de plus...

« Getting to Zero Coalition ». Sous cet intitulé se cache une coalition de plus en faveur du climat. Une soixantaine de sociétés publiques ou privées représentant divers secteurs, du maritime aux banques en passant par les matières premières et les énergies (Cofco International, Cargill, Trafigura, Anglo American, Shell, Citigroup, ABN AMRO et Société Générale, One, Norden, Wärtsilä, Maersk, etc.) entendent peser pour que les navires et les carburants soient prêts d'ici 2030, date à laquelle l'OMI a enjoint le secteur à reduire de 40 % (par rapport à 2008) les émissions de CO2 générées par les carburants marins, dans la droite ligne de l'Accord de Paris sur les émissions de gaz à effet de serre. Un plan d'actions doit d'ailleurs être arrêté par les États membres de l'organisation de réglementation du transport maritime avant 2023.

Pour Søren Skou, directeur général d'A.P. Møller Mærsk, la rupture technologique dans les propulsions supposée par ces nouvelles exigences implique une « étroite collaboration de toutes les parties pour faire le prochain grand pas vers la décarbonisation du transport maritime », a signifié à cette occasion le CEO du leader mondial du transport maritime conteneurisé. « L'efficacité énergétique a été un outil important qui nous a permis de réduire les émissions de CO2 par conteneur de 41 % au cours de la dernière décennie... Cependant, les mesures d'efficacité ne peuvent que stabiliser les émissions du transport maritime mais pas les éliminer »

Le groupe danois n'en est d'ailleurs pas à sa première initiative. Il y a quelques mois, alors qu'il s'engageait à rendre, techniquement parlant, ses navires décarbonés d'ici 2030, il invitait toute la filière à « s'unir » pour développer « le nouveau type de navires » zéro carbone qui navigueront en 2050. Un appel qui n'a pas donné lieu à un enthousiasme débordant. Le numéro 2 mondial, MSC, a rappelé pour sa part ses convictions quant à sa méthode pour traiter la pollution causée par ses navires, préconisant une approche multilatérale (étude du GNL, carburation hybride) tout en se démarquant des objectifs jugés « ambitieux » de son partenaire de l'alliance 2M. CMA CGM avait salué l'engagement mais en rappelant de façon laconique son propre engagement en faveur du GNL.

Priorité aux compagnies maritimes les plus vertueuses

Les banques n'en sont pas non plus à leur premier association. En juin, 11 banques, associées dans l'initiative « Principes Poséidon », s'engageaient à conditionner l'octroi de prêts aux compagnies maritimes à leurs efforts pour réduire les émissions de CO2. Elaboré avec des acteurs du shipping, dont certain se retrouve dans la Coalition Getting to Zero, le référentiel servira de cadre commun aux prêteurs, bailleurs, garants financiers et agences de crédit.

Des ports, dont les puissants Européens Rotterdam et Anvers, ont également adhéré au projet, lequel a été approuvé par les gouvernements de la Belgique, de la France, du Danemark, des Palaos, du Chili, du Maroc, de la Corée du Sud, de l'Irlande, du Royaume-Uni, de la Suède et de la Nouvelle-Zélande. 

A.D