Le port irlandais de Rosslare a engagé 25 M€ dans ses installations. ©DR

 

Lancée en 2018 pour une expérimentation de deux ans et motivée par la croissance du fret entre l’Espagne et l’Irlande, la ligne Cork-Santander devient Rosslare-Bilbao. Un transfert que la compagnie justifie en s’appuyant sur des études de marché et les remontées commerciales.

L’armement breton annonce le transfert de sa ligne Cork-Santander vers Rosslare-Bilbao à partir du 28 février avec une desserte de deux allers-retours par semaine. Une rotation hebdomadaire au départ de Roscoff et à destination de Rosslare sera ensuite proposée à partir du 24 mars prochain, ajoute la direction de Brittany Ferries. Le service entre le port sud-irlandais et celui du Nord de l’Espagne avait été mis à l’essai en 2018 pour une période de deux ans.

« Il s’est avéré impératif de trouver une alternative pour continuer d’assurer un service direct entre l’Irlande et l’Espagne souhaité par les professionnels du transport routier. S’appuyant sur des études de marchés et les remontées commerciales, une route alternative s’est nettement dégagée : Rosslare-Bilbao », justifie Christophe Mathieu, président du directoire de Brittany Ferries. Pour le dirigeant de BAI, les infrastructures existantes garantissent une mise en œuvre rapide. Le port irlandais, qui a engagé 25 M€ dans ses installations, a indiqué pour sa part Glenn Carr, le directeur général de l'Europort de Rosslare, « offre plus d’espace pour les véhicules de fret et, bénéficiant d’une très bonne desserte routière, permet un accès plus rapide depuis Dublin et au réseau routier de la côte Est de l’Irlande ». À l’extrémité de la ligne, Bilbao, proche des centres industriels du Nord de l’Espagne et Sud de la France « bénéficie d’une plus grande capacité d’accueil sécurisée pour les remorques non accompagnées ».

La liaison Roscoff-Rosslare, qui sera opérée par le Kerry permettra en outre à Brittany Ferries de proposer à ses passagers une offre complémentaire à la ligne Roscoff-Cork assurée par le Pont-Aven, ligne qui revendique 100 000 voyageurs.

Des unités neuves pour des parcours lointains

Le groupe, qui assure des liaisons régulières entre l'Angleterre (Plymouth, Poole et Portsmouth), la Normandie (Cherbourg, Caen-Ouistreham, Le Havre) et la Bretagne (Roscoff, Saint-Malo) – son premier fonds de commerce – bétonne ainsi son deuxième business : le lien maritime entre l’Irlande et l’Espagne (Cork, Santander, Bilbao). Un réseau que Brittany Ferries opère, presque sans aucune concurrence maritime, à l’exception de Celtic Line et Irish Ferries.

La ligne bénéficiera des navires de la classe E-Flexer, actuellement en construction au sein du chantier chinois Avic Weihai pour le suédois Stena, qui en exploitera une partie pour sa division ferry, Stena Line, tandis que d’autres seront affrétés à Brittany Ferries et à DFDS (le Côte d’Opale en 2021 pour la ligne Calais-Douvres). La compagnie bretonne doit réceptionner d’ici la fin de l’année le 4e de cette classe, qui offre une capacité de transport supérieure de 10 % pour les passagers et de 28 % pour le fret. Dans la série Gallicia, l’Étretat, le Connemara et le Kerry ont déja été livrés tandis que sont attendus les futurs Salamanca en 2021 et le Santoña en 2023 propulsés au GNL.

En fonction du sort de l’Irlande dans la nouvelle configuration commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE, offrir un contournement par la mer du « land bridge » britannique peut s’avérer aussi utile.

Adeline Descamps

 

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