Le conseil d’administration de Bourbon réuni ce 28 juin, au cours duquel Jacques de Chateauvieux devait présenter les détails de son offre de restructuration, a validé des changements de gouvernance consacrant une reprise opérationnelle par celui qui était n'était plus « que » président du conseil d’administration depuis le 14 mars 2018, date à laquelle cette fonction avait été dissociée de la direction générale. Jacques de Chateauvieux redevient PDG...

Le conseil d’administration de Bourbon, réuni ce 28 juin à l'issue l’assemblée générale, a confirmé ce qui dessinait il y a quelques jours. Le 24 juin, le groupe annonçait que le pacte d'actionnaires conclu il y a 5 ans par l'actionnaire principal et homme-clef du groupe, Jacques de Chateauvieux, associé à des partenaires financiers, avait non seulement été reconduit pour 5 ans mais avait été en outre consolidé, leur permettant ainsi de détenir 69,53 % du capital social et 69,74 % des droits de vote de la société.

Cette fois, le conseil d’administration, au cours duquel Jacques de Chateauvieux devait présenter les détails de son offre de restructuration, a validé des changements de gouvernance consacrant une reprise opérationnelle par celui qui n'était plus « que » président du conseil d’administration depuis le 14 mars 2018, date à laquelle les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général avait été dissociées.

Changement de gouvernance

« Le conseil d’administration a décidé de réunifier les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général. Jacques de Chateauvieux est donc nommé PDG à compter de ce jour », indique le groupe à l’issue de l’AG. Aux côtés du nouveau PDG, Gaël Bodénès est nommé directeur général délégué. « Il pourra ainsi se concentrer sur la conduite de l’entreprise et la poursuite de la transformation initiée par le groupe, pour tirer le meilleur parti d’une reprise déjà sensible ». La direction générale compte une 3e personne, Thierry Hochoa, directeur général adjoint qui sera en charge des finances et de l’administration

Antoine Grenier et Élizabeth Van Damme, qui faisaient partie du conseil d’administration en tant qu’administrateurs indépendants, ont fait part de leur démission, dont les motifs n’ont pas été exposés mais sans doute en lien avec les changements opérationnels. Le conseil d’administration compte 9 membres (dont 3 femmes, 3 administrateurs de nationalité étrangère, 1 administrateur représentant les salariés et 4 administrateurs indépendants). Jacques d’Armand de Chateauvieux, Christian Lefèvre et Wang Xiaowei ont été renouvelés en qualité d’administrateurs.

Parmi les résolutions présentées à l’assemblée figuraient notamment l’approbation des comptes annuels de l’exercice clos le 31 décembre 2018 (CA de 690 M€ contre 861 M€ fin 2017 et un résultat net déficitaire de 117 M€, CA de 178 M€ à l’issue du 1er trimestre de cette année) et l’affectation du résultat de l’exercice (il n’est pas proposé de dividendes au titre de l’année) pour préserver la trésorerie et des capacités d’investissement du groupe.

Quel sort pour l'autre offre de reprise ?

Rien n’a filtré sur le sort de l’offre de restructuration, rendue publique en juin, et qui n’était pourtant valable que jusqu’à date de l'assemblée générale du groupe, soit ce jour. Pour rappel, elle avait été déposée par un pool d'entreprises et de banques (BNP Paribas, Crédit mutuel Alliance fédérale, Natixis et Société Générale) qui totaliseraient ensemble 75 % de la dette du groupe. L'offre prévoit un apport de liquidités à hauteur de 120 M€, ainsi qu'une conversion en capital de plus de 1,4 Md€ de dette. À l'issue de cette restructuration, les créanciers disposeraient alors de 93 % du capital.

Quelques jours après, l’artisan de la transformation de la société d’un conglomérat d'activités diverses (grande distribution, agroalimentaire...) à un groupe international dédié aux services maritimes à l’offshore pétrolier, à savoir Jacques de Chateauvieux, avait fait connaître la sienne, portée par Jaccar Holdings (dont Jacques de Chateauvieux est président), Cana Tera, Henri de Chateauvieux, Mach Invest et Mach Invest International. Ceux-ci proposent un apport de liquidités sous forme de dette de 80 M€ et un prêt de 164 M€ permettant de désintéresser les créanciers qui le souhaiteraient. Elle prévoit un remboursement des créances sur la base du cash-flow disponible généré par chaque navire mais n'envisage pas de dilution de l’actionnariat à l’issue de la restructuration. Pour rappel, le groupe présente une dette de 1,3 Md€.

Adeline Descamps