Dans un contexte généralisé de grand tohu bohu, les liaisons maritimes entre Marseille et les ports corses connaissent aussi leurs lots de turpitude. Incertitudes quant à l’avenir de La Méridionale, écartée des ports principaux, préavis de grève de la CGT des marins de Corsica Linea, vent debout contre la réforme des retraites. Quant à la délégation de service public sur les ports secondaires de Corse, elle vient de subir un nouveau report.

Ce week-end du 9 et 10 janvier, les salariés de La Méridionale, qui avaient allumé des braseros au pied des Piana et Kallisté, ont empêché l’appareillage du Méditerranée à destination de Tunis, contraignant Corsica Linea à trouver une solution de repli pour loger les 200 familles. Finalement, les passagers ont réussi dimanche à embarquer sur le Carthage de la CTN.

Situation troublée sur la Corse également, où les ferries n’ont pu appareiller, bloqués par les manifestants de La Méridionale. Pour les salariés de la filiale de STEF, l’horizon semble bouché. La compagnie maritime, écartée des ports principaux de Corse depuis octobre, doit également composer avec la décision du 9 janvier de la Collectivité de Corse de lancer un nouvel appel à candidature sur les ports secondaires de Propriano et Porto Vecchio.

Les trois compagnies concurrentes (Corsica Ferries, Corsica Linea et Méridionale), qui avaient répondu vont devoir, une nouvelle fois, déposer des dossiers et réviser le montant de la compensation pour effectuer la délégation de service public et traduire en terme de capacités les nouveaux objectifs de trafics passagers et de fret. Le nouvel appel à candidature, publié ce 14 janvier, donne jusqu’au 27 janvier aux compagnies pour répondre à un contrat de desserte de trois mois des ports de Porto-Vecchio et Propriano, dont l’appel d’offres avait été infructueux. Elle courra jusqu’à l’entrée d’une DSP de 8 mois à compter du 1er mai 2020.

Nouveau préavis de grève

Reste à comprendre ce qui se trame derrière ce énième rebondissement de procédure. En effet, cette DSP provisoire, qui prendra fin en 2020, ne durera donc que quelques mois. « La Méridionale et ses salariés espèrent un dénouement équilibré entre les armateurs présents à Marseille, pour l’attribution de la DSP provisoire mais également pour la construction de la nouvelle desserte proposée par la Collectivité de Corse, sur la base d’une SEMOP, pour laquelle La Méridionale a toujours fait savoir qu’elle était prête à s’engager, et en particulier au sujet des lignes de Bastia et d’Ajaccio », a fait savoir la Méridionale dans un communiqué. 

La situation déjà complexe prendra un nouveau tour à compter du 15 janvier prochain, la CGT des marins de Corsica Linea ayant déposé un préavis de grève de deux jours pour protester contre la réforme des retraites. Les lignes maritimes sur la Corse avaient été préservées jusque-là, les dockers assurant un service minimum afin de ne pas entraver le transport maritime sur l’île de Beauté.

 N.B.C