Marfret a réceptionné un nouveau porte-conteneur, le Douce France, qui sera déployé en mars sur la ligne au départ de l'Europe vers la Guyane. ©Marfret

 

Marfret a été livré par le chantier naval chinois Jiangsu Yangzijiang Shipbuilding d’un nouveau porte-conteneur, spécifiquement conçu pour être exploité sur un service au départ de l’Europe du Nord vers la Guyane que la compagnie marseillaise opère avec sa compatriote CMA CGM. Baptisé Douce France, du nom du premier navire qui a lancé la compagnie marseillaise dans les années 50, il est symptomatique des évolutions de ces lignes qui chargent les fruits en sortie du Brésil. 

Marfret a réceptionné le 7e navire de sa flotte fin janvier du chantier chinois Jiangsu Yangzijiang Shipbuilding. Le 5e à porter le nom de Douce France dans la flotte de l’entreprise créé en 1951 par Pierre Giraud et Claude Vidil, le père des actuels dirigeants, Raymond et Bernard Vidil, à partir d’un trois-mâts goélette affrété. Il est le deuxième des trois porte-conteneurs de 2 296 EVP commandés en décembre 2017 avec CMA CGM (CMA CGM Kourou, livré récemment et le CMA CGM Sinnamary, en cours d'armement) pour être déployés sur leur service commun Nefgui. Sur cette ligne, deux autres Guyanamax desservent Algésiras, Londres-Gateway, Rotterdam, Le Havre, Saint-Martin, Port of Spain, Degrad-des-Cannes, Vila do Conde, Fortaleza, Natal et retour à Algesiras.

Long de 190 m et large de 30,40 m, avec un port en lourd de 26 700 tpl pour un tirant d'eau assez faible, de 9,50 m, ils ont été spécifiquement conçus pour opérer sur la route au départ de l'Europe vers les Caraïbes, les Guyanes et l'Amérique du Sud, où les ports sont contraints au niveau des tirants d’eau. Ils peuvent ainsi remonter sans encombre où le chenal où la profondeur est limitée et atteindre le Grand Port maritime de Guyane Degrad des Cannes.

600 prises reefers

La série a été équipée de trois grues à axe central de 60 t, qui peuvent être couplées pour soulever jusqu'à 100 t. Des équipements pensés dans la perspective des développements du Centre spatial guyanais. Le Douce France est équipé de 600 prises reefers, illustrant par ailleurs l’évolution du transport sous froid sur ces routes qui permettent d’alimenter l’Europe en fruits tropicaux. Ses prédécesseurs sur la ligne Guyane-Amazonie – les Marfret Guyane et Marfret Marajo – ont une capacité de 1700 EVP avec un peu plus de 400 prises dans leur dernière version (300 quand ils avaient été conçus).

Le Douce France doit démarrer son service en mars tandis que les Marfret Guyane et Marfret Marajo seront affectés à la liaison Colombie-États-Unis. Enfin, le navire est configuré pour consommer un carburant à très faible teneur en soufre, donc au-delà des nouvelles normes réglementaires, qui imposent depuis le 1er janvier de naviguer avec du fuel à 0,5 % de soufre. Après trois décennies en Méditerranée, l’entreprise s’était positionnée dans les années 80 sur la ligne des Antilles, ce qui était à l’époque aventurier…

Adeline Descamps