Le ministère britannique des Transports ouvre un nouveau processus d'appel d'offres auprès des opérateurs pour disposer de capacités de transport supplémentaires à compter du 31 octobre, nouvelle date butoir pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Toujours dans la perspective de l’absence d’un accord entre les deux parties. Le précédent plan s’était soldé par un fiasco dans la gestion qui a coûté cher aux contribuables britanniques.

Chris Grayling, le ministre britannique des Transports, se trouve à nouveau sous les feux des critiques. Un rapport des Comptes publics présenté au Parlement cette semaine a révélé que sa gestion du plan de transport qui devait anticiper l’éventualité d’un non-accord en assurant une continuité des flux de transport (notamment pour les produits urgents et de première nécessité) et qui devait être mis en œuvre du 30 mars au 1er mai (premier horizon évoqué avant que Theresa May n’obtienne un délai) avait coûté aux contribuables britanniques 85 M£ (95,7 M€). Soit 51 M£ (56,6 M€) en dédommagement des deux compagnies DFDS et Brittany Ferries pour contrats annulés et 34 M£ (37,7 M€) pour Getlink en « arrangements » afin de s’épargner des actions en justice, l’opérateur du tunnel sous la Manche considérant que les contrats contrevenaient aux règles de la concurrence. Les députés de l'opposition ne se sont pas privés de parler de « deniers gaspillés » et d’ achats « précipités et risqués ».

Et l'on recommence...

Le gouvernement britannique a annoncé la semaine dernière qu'il rouvrait le processus d'appel d'offres pour des capacités de ferries supplémentaires sans transaction, cette fois pour après la nouvelle date butoir du 31 octobre. Elles concernent à nouveau les approvisionnements urgents et de première nécessité, tels que les médicaments... Les autorités portuaires britanniques ont rapidement réagi en demandant à ce que l’intégralité des frets transitant via la Manche soit préservée.

Brittany Ferries, qui a manifestement pris les devants, a indiqué qu’elle « étudierait attentivement ce dernier développement dans la planification du Brexit », affirmant qu'elle disposait d'une « flexibilité » pour l'ensemble de ses opérations via les ports de Portsmouth, Poole et Plymouth. « Mais nous devons attentivement examiner les impacts induits par les changements d'horaires sur les opérations de transport de marchandises et de passagers cet automne et en conséquence, les capacités de fret supplémentaires que nous pourrions garantir ».

Ni DFDS ni Eurotunnel n'ont commenté le nouvel appel d'offres, pas plus que P&O Ferries, qui, selon nos sources, était en négociation avec le gouvernement au sujet de capacités supplémentaires pour des transbordeurs, mais n'avait pas encore trouvé de conditions commerciales. Les parlementaires, eux, gagent déjà sur le fait que le nouvel appel d'offres risquait d'aboutir à un nouveau « fiasco ». Et c'est ainsi que  le « Groundhog Day » du Brexit se poursuit... Un jour sans fin.

Robert Jaques