Dans la nuit du 1er au 2 janvier 2019, le MSC Zoe, qui opère sur la « Silk Line » a perdu une partie de sa cargaison, pris dans une tempête en mer du Nord. ©DR

 

Le MSC Zoe, battant pavillon du Panama, a perdu une partie de sa cargaison alors qu'il affrontait une tempête en mer du Nord  à une centaine de kilomètres de Bremerhaven. Au total, 270 conteneurs à la dérive dont quatre contenant du peroxyde de dibenzoyle, produit chimique très instable et inflammable...

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 2019, le MSC Zoe, qui opère sur la « Silk Line » (Route de la Soie) reliant en 40 jours Tianjin au nord de la Chine à Rotterdam via Gwangyang (Corée du Sud), Shanghai, Ningbo et Yantian (Chine), Tanjung Pelepas (Malaisie), Suez (Égypte), Sines (Portugal), Bremerhaven (Allemagne) et Gdansk (Pologne), a perdu une partie de sa cargaison alors qu’il se trouvait au nord des îles Wadden, le long des côtes néerlandaises et allemandes en mer du Nord,  à une centaine de kilomètres de Bremerhaven. C’est une tempête qui aurait provoqué l’échouement des quelque 270 conteneurs, dont la dérive dans une des autoroutes maritimes les plus fréquentées au monde constitue un risque pour la navigation. Le navire de l’armement italo-suisse d’une capacité de 19 224 EVP a été pris en charge par les autorités maritimes allemandes.

Produit dangereux

Selon l’association environnementale Robin des bois, le navire ne transportait pas que des biens de consommation mais aussi des matières dangereuses et notamment quatre conteneurs de fûts de peroxyde de benzoyle, produit chimique utilisé dans la fabrication de plastiques, de polystyrène et de PVC, « très instable, inflammable et sujet à une décomposition rapide et explosive », qui peut être source d'irritations, indique l’ONG. Un des quatre conteneurs aurait été retrouvé sur la côte allemande tandis que les trois autres n'ont pas encore été localisés mais selon les garde-côtes néerlandais, il se pourrait qu'ils aient coulé. L’armateur a quant à lui été mis en demeure de mettre en place un plan de recherche et d’évacuation de la marchandise perdue.

Fil à la patte

L’ONG déplore à nouveau que ce genre d’aléas puisse encore se produire – « les porte-conteneurs perdent chaque année dans leurs traversées des dizaines de milliers de colis (…) qui contribuent à faire des océans et du littoral des décharges sauvages » – alors qu’ils pourraient être évitées avec des mesures comme la réduction de la vitesse, la mise à l’abri dans des baies refuges, la pesée exacte des boîtes embarquées. « Depuis plus de 20 ans est évoqué par les spécialistes un balisage de chaque conteneur embarqué qui pourrait faciliter la relocalisation en cas de chute à la mer. Ce système est d’année en année repoussé par les chargeurs et les armateurs peu soucieux d’assurer la traçabilité de ce trafic opaque marqué par la précipitation et les fausses déclarations », traque l'association. 

Pour le moment, seuls six conteneurs ont été retrouvés sur les côtes allemandes selon les autorités locales.

--- A.D ---