L'européen Wallenius Wilhelmsen Ocean domine le secteur avec une flotte de 123 rouliers pour une capacité de 820 700 CEU. ©Wilhemsen

 

La concentration, déjà bien effective dans le secteur du ro-ro, devrait s’accélérer sous l’effet d’une crise sanitaire et économique qui a littéralement paralysé l’industrie automobile. Dans le top 10 mondial du transport roulier de voitures, si le numéro un est européen, sept opérateurs sont basés en Asie.

Alors que la demande dans le transport maritime de voitures a baissé depuis l'apparition du Covid-19, la concentration chez les opérateurs de Pure car, truck carrier (PCTC) bat son plein dans le monde. Les dix premiers transporteurs mondiaux ont déployé à eux seuls 606 navires en avril 2020 alors que la flotte mondiale compte 730 unités. Leur capacité s'est élevée à 3,56 millions de CEU (Car Equivalent Units) alors que l'offre globale se chiffre à 4 millions de CEU. L'effectif représente, selon Dynamar, 83 % de la flotte et 88 % de la capacité. 

Sept asiatiques parmi les dix premiers 

Dans le top 10 mondial du transport roulier de voitures, si le leader mondial est européen, le secteur est dominé par les asiatiques, notamment japonais. L'européen Wallenius Wilhelmsen Ocean (WWO, avec ses filiales Eukor et American Roll-on Roll-off), s’impose au niveau mondial avec une flotte de 123 navires pour une capacité de 820 700 CEU, devant trois japonais : NYK RoRo (et sa filiale UECC, United European Car carriers ; 108 navires et 610 100 CEU), MOL Ace (100 navires et 550 000 CEU) et "K" Line (88 navires et 507 100 CEU). Le coréen Hyundai Glovis fait partie des grands acteurs du marché également, avec un parc de 71 PCTC offrant 472 700 CEU. 

Conjoncture difficile

Les transporteurs maritimes rouliers devraient assister en 2020 à une baisse d'environ 20 millions du nombre de voitures vendues. En 2019, il s’était vendu 90,3 millions d’unités. Les estimations pour 2020 font état de 70,6 millions de ventes. Les experts tablent sur 81,6 millions pour 2021. Pour Dynaliners, l'Asie, et la Chine notamment, portera l’essentiel de la demande avec 45 % du volume mondial du secteur.

Selon VesselsValue, « la demande de transport a marqué un premier recul en janvier 2020 avant de connaître une légère reprise en février jusqu'à la mi-mars puis de replonger en mai ». Le consultant britannique estime que la demande japonaise en matière de CEU à l'export a baissé de 22 %. Il note toutefois que si le mois de février a été marqué par une diminution, il observe une reprise au mois de mai. En Allemagne, la demande de CEU à l'export a chuté cette année de 45 % par rapport à 2019. Aux États-Unis, la demande de transport à l'export a reculé de 23 % en année glissante.
En Corée du sud, VesselsValue évalue à 22 % la baisse enregistrée mais mentionne que le pays bénéficie depuis peu d'une légère reprise.  En Chine, la demande de CEU à l'import a baissé de 14 % depuis le début de l’année. Le secteur reste tributaire du marché mondial de l'automobile. Tout dépendra de son évolution une fois que le virus aura jeté tous ses feux et que l'économie pourra reprendre son souffle.

Vincent Calabrèse