Elles sont un peu plus nombreuses à reprendre le service mais à petit régime. Les compagnies de croisière présentent tour à tour les détails de leur programme, avec ou sans l’assurance d’y être autorisées. Les « américaines » restent à quai. Leur retour en mer pourrait être l’événement de 2021.

Les pays déverrouillant leurs frontières, les compagnies de croisière rallument les moteurs. Certaines d’entre elles ont présenté leur nouvelle offre avant même de connaître le contenu des politiques et protocoles qui leur seraient imposés dans un mode post-Covid. D’autres ont joué la prudence nationale comme la compagnie de croisière Ponant, fleuron de l’art de vivre à la française, qui a repositionné ses yachts d’expédition dans les eaux intérieures. Elle attend néanmoins toujours le feu vert des autorités, sésame qu’il faudra décrocher à plusieurs niveaux, national, préfectoral et portuaire. Mais cela n’a pas dissuadé la compagnie marseillaise de présenter son programme au départ de Bordeaux, Le Havre, Saint-Malo, Marseille et Nice et de la dater, dès le 4 juillet. Elle attend toujours les directives. 

En attendant, elle vient d’obtenir le label Safeguard de Bureau Veritas (Restart your Business) certifiant « que l’opérateur a répondu aux exigences en matière de santé, de sécurité et d'hygiène, a correctement mis en œuvre les procédures associées, a formé tous les membres d’équipage à bord, et a établi des procédures avec les ports et les terminaux pour les opérations portuaires », indique la compagnie dans un communiqué. Le label sera apposé de manière visible afin de favoriser la confiance de tous à bord et à terre.

Baleària vise la certification « Covid safe » pour juin

Paul Gauguin Cruises, marque acquise l’an dernier par Ponant, a fixé sa reprise au 15 juillet, date de « l’ouverture » de la Polynésie française. L’opérateur de croisières, spécialiste des destinations dans les lagons du Pacifique sud au départ de Tahiti, proposera dans un premier temps de courts voyages, de sept jours, avec de « petits navires » et deux départs les 11 juillet et 18 juillet de Papeete. Au programme, les visites des îles Huahine et Motu Mahana, deux jours à Bora Bora et deux jours à Moorea. Cette offre s’adresse visant exclusivement à la clientèle locale. En revanche, les voyageurs internationaux pourront embarquer pour un séjour de 10 jours au départ de Papeete dès le 29 juillet pour un itinéraire vers les îles de Huahine, Bora Bora, Motu Mahana et Moorea, avec des escales dans les atolls de Rangiroa et Fakarava. En août et « au-delà », la compagnie indique qu’elle réactivera son offre complète.

La société, qui n’a connu de cas de contamination à bord, a travaillé avec l’institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection à Marseille (là où officie le professeur Didier Raoult) et les sapeurs-pompiers de la cité phocéenne pour élaborer des protocoles appropriés. 

Les croisières jouent la carte nationale

Hurtigruten, au rendez-vous

À la date prévue, le norvégien Hurtigruten, dont une partie de l’offre reposait initialement sur les destinations côitiers, a effectué son premier départ de Bergen avec le MS Finnmarken le 16 juin. Les Richard With, Trollfjord et Midnatsol reprendront également leurs itinéraires initiaux à partir de Bergen le long de la côte norvégienne, en traversant le cercle arctique jusqu'au port de Kirkenes « dans les prochaines semaines », indique l’armateur.

En Allemagne, le tour-opérateur TUI a profité des décisions européennes lâchant un peu plus de lest sur les activités touristiques pour déclarer, sans annoncer de dates, un concept « Blue Sea », de courtes croisières de trois et quatre jours au départ de l'Allemagne vers la mer du Nord. La société, comme d’autres, avait évoqué un temps la possibilité de redémarrer avec des croisières vers « nulle part », c'est-à-dire uniquement du temps en mer.

L'agence sanitaire américaine lance un nouveau pavé dans la mare

Assignées à quai aux États-Unis

Aux États-Unis, le tourisme en mer n’est toujours pas considéré comme acceptable. Les compagnies nord-américaines continuent d'annuler des voyages dans l’attente d’un signal des US Centers for Disease Control and Prevention. L'ordonnance, qui les a condamnés au mouillage, doit expirer le 24 juillet. Un signe positif ? l’administration a communiqué ses directives pour l'équipage à bord des navires mais n’a pas élaboré de plans pour les passagers.

Norwegian Cruise a récemment annoncé que ses trois marques, Norwegian Cruise Line, Regent Seven Seas Cruises et Oceania Cruises, n’opéreraient pas entre le 1er août et le 30 septembre. Certaines destinations en Alaska ont pour l’heure échappé au couperet. Mais la compagnie n’exclue pas d’annuler d’autres services jusqu'en octobre 2020, notamment au Canada et Nouvelle Angleterre.

Holland America Line, une des marques appartenant à Carnival Corp., prolonge également sa pause et annule tous les départs du port de Vancouver pour 2020, ainsi que certains itinéraires d'Hawaï prévus début 2021.

Quand les compagnies de croisière reprendront-elles le service ? 

Inégalités de traitement en Europe

L’absence de gestion concertée en Europe conduit à des situations disparates. Cunard, qui navigue principalement au Royaume-Uni, et Pullmantur, qui opère sur le marché espagnol, ne réarmeront pas jusqu'en novembre 2020. Et les analystes du secteur d’émettre l’idée que le retour à la vie de l’activité croisière pourrait bien être l’événement de 2021…

Adeline Descamps