Selon des médias locaux, APMT et ECT (Hutchison) auraient signé une lettre intention pour la reprise du terminal APMT Maasvlakte-1. Si l'entente était approuvée par les autorités réglementaires, il reste à analyser les répercussions au vu du subtil jeu d'alliances des armateurs au sein des terminaux.

Depuis quelques mois, comme annoncé début octobre, le sort qu’allait réserver le manutentionnaire du groupe danois, APM Terminals, à l’un de ses terminaux néerlandais, le Maasvlakte 1, était en suspens. Alors que la concession de la première installation conteneurs de Maersk à Rotterdam arrive à échéance en 2025, APM Terminals n’excluait ni une vente, ni des investissements pour moderniser cette infrastructure de 14 portiques sur un quai de 1 490 m pour une capacité annuelle estimée à 2,85 MEVP. Mais l'opérateur portuaire laissait aussi entendre qu’il étudiait la possibilité de concentrer ses activités et ses volumes sur le Maasvlakte-2 (1 000 m et une capacité annuelle estimée à 2,3 MEVP).

Les deux installations ne bénéficient pas des mêmes configurations techniques et ne sont pas régis non plus par les mêmes accords sociaux, ne serait que parce qu'APMT MV-1, avec ses 600 emplois, n’est pas automatisé alors qu’APMT MV-2 fonctionne avec huit portiques télécommandés. La décision ne devait pas tarder car si APM Terminals renonçait à son infrastructure sur Maasvlakte 1, il lui faudrait alors envisager des investissements sur son autre terminal phare afin d'accroître sa capacité.

Alliés « capitalistiquement » ici, concurrents ailleurs 

Très rapidement, les regards des analystes se sont portés sur le voisin d’APMT à Maasvlakte 1, ECT du groupe singapourien Hutchison, qui y opère ECT Delta, un terminal disposant d'un linéaire de quai de 3 625 m avec une capacité annuelle de 6,5 MEVP. Les intérêts y sont nombreux et croisés. Le terminal est en effet subdivisé en trois unités (Delta Dedicated North-DDN ; Delta Dedicated East-DDE ; Delta Dedicated West-DDW), dans lesquelles MSC/Til, Evergreen et One (via NYK) détiennent des participations. L’on savait depuis quelques semaines que les négociations entre les deux parties étaient en cours.

Selon l’accord de principe qui aurait été signé ces derniers jours, Hutchison continuerait à l'exploiter en tant qu’infrastructure distincte du ECT Delta. Il pourrait en être difficilement autrement, au regard du nombre d'intérêts capitalistiques en jeu et de l'inextricable système de compétition/coopération des armements.

Le Singapourien s’engagerait en outre à préserver les emplois pendant au moins quatre ans. Ce qui signifie qu’il n’y aurait pas d’automatisation, alors que son terminal ECT Delta l’est. L’automatiser générerait, quoi qu’il en soit, des investissements conséquents. Dans le cadre de l’entente, qui doit encore être soumise aux autorités réglementaires, la maison-mère de APM Terminals, aurait, elle, garanti un certain volume (non divulgué) de conteneurs à Maasvlakte-1 pendant les cinq prochaines années. Une des principales interrogations qui avaient précédé les négociations et alimenté les analyses sur la pertinence économique de l'investissement d'Hutchison.

Adeline Descamps 

APM Terminals va-t-il abandonner un de ses terminaux à Rotterdam ? 

Hutchison, intéressé par le terminal Maasvlakte-1 d’APMT

Repères : Cinq terminaux conteneurs à Maasvlakte  

ECT Delta (Maasvlakte 1)

Opérateurs : Hutchison Ports

Longueur des quais : 3 625 m (+ 875 m*)

Capacité : 6,5 MEVP

Actionnaires : HPH/ECT, MSC, NYK (ONE), Evergreen

Euromax 

Opérateur : Hutchison Ports

 Longueur des quais : 1,800 m

Capacité : 3,5 MEVP

Actionnaires : HPH/ECT, COSCO

Rotterdam World Gateway (Maasvlakte 2)

Opérateur : DP World

Longueur des quais : 1 150 m 

Capacité : 2,85 MEVP

Actionnaires : DP World, HMM

APMT Maasvlakte-1 

Opérateur : APMT Maasvlakte-2

Longueur des quais : 1 600 m

Capacité : 2,85 MEVP

Actionnaires : APMT

APMT Maasvlakte-2 

Opérarateur : APMTL

Longueur des quais : 1 000 m (+500 m*) 

Capacité : 2,3 MEVP/ an

Actionnaire : APMT

Source : Alpaliner

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