Maersk s'offre même un spot pour le dire https://vimeo.com/user48535854/review/304205033/8f5df3e328

 

Le leader mondial du transport maritime de conteneurs ne se contente pas de donner l'exemple en s'engageant dès à présent à ce que des navires zéro carbone soient techniquement efficients d'ici à 2030. Il enjoint toute la filière à « s'unir » pour développer « le nouveau type de navires » qui navigueront en 2050.

Un signal fort vient de Copenhague alors que se tient actuellement à Katowice en Pologne la 24e session de la Conférence des Parties de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP24), grand raout climatique mondial sorti de l’anonymat depuis la COP21 et l’accord de Paris par lequel 195 pays se sont engagés pour la première fois en faveur d’un plan d’action juridiquement contraignant. Objectif : maintenir le réchauffement planétaire largement en dessous de 2°C.

Le numéro un mondial du transport de conteneurs annonce par un communiqué son engagement à « accélérer les innovations technologiques nécessaires » pour que des « navires neutres en carbone soient commercialement viables d'ici 2030 de façon à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 ».

Pour rappel, les 173 États-membres de l’OMI réunis en avril dernier pour la 72e session du Comité de protection du milieu marin ont adopté une stratégie qualifiée d’« historique » car elle prévoit de réduire le CO2 généré par l’industrie du transport maritime de 40 à 50 % (par rapport à 2008) d’ici à 2050.

Le groupe AP-Møller semble estimer que les énergies fossiles, quelle que soit leur amélioration, ne feront que « maintenir les émissions du transport maritime à leur niveau actuel, sans toutefois les réduire de manière significative ou les éliminer ». Pour Søren Toft, COO (directeur exploitation) chez A.P. Møller-Maersk, « la seule façon d'atteindre la décarbonisation de notre industrie est de passer complètement à de nouveaux carburants zéro carbone ». Toujours selon le groupe danois, les émissions de CO2 de Maersk auraient été réduites de 46 % depuis 2007, « soit mieux que la moyenne de l'industrie d'environ 9 % ».

Comment y parvenir ?

R&D et technologies, dégaine-t-il, soulignant qu’un porte-conteneur n’est ni un train, ni un avion ni une voiture. « Il exige des solutions différentes. Le camion électrique à venir devrait pouvoir transporter au maximum 2 EVP et parcourir 800 km par charge. En comparaison, un porte-conteneurs transportant des milliers d'EVP entre Panama et Rotterdam parcourt 8800 km. Du fait de la courte durée de vie des batteries et l'absence de points de charge le long de la route, des développements innovants sont impératifs. »

Pour ce faire, le groupe danois compte « investir des ressources importantes dans l'innovation et la technologie pour améliorer la faisabilité technique et financière des solutions décarbonées. Au cours des quatre dernières années, nous avons investi environ 1 Md$ et engagé plus de 50 ingénieurs », soutient Søren Toft.

Le leader mondial conclue par un appel à l’ensemble de la filière « pour s'(y) attaquer ensemble » : « en 2019, Maersk prévoit d'entamer un dialogue ouvert et coopératif avec toutes les parties possibles car nous ne pourrons y arriver seuls ». Un appel tous azimuts aux chercheurs, investisseurs, start-up, chargeurs, législateurs, industriels…

Gros pollueur ?

Si de tous les modes de transport, le transport maritime reste le moins émetteur de C02 aux volumes ou passagers transportés, la pollution de source marine – à laquelle les études attribuent entre 2 et 3 % environ des émissions mondiales de CO2, 10 % de celles de Souffre (SOx), 20 % de celle d’oxyde d’azote (NOx) - reste un sujet. D'ici 2050, les émissions de gaz à effet de serre liées au transport maritime international pourraient représenter 14 % des émissions de la planète.

Étrangement, les paquebots de croisières concentrent tous les enjeux et critiques alors qu’ils ne sont pas, d’une part les plus pollueurs, la flotte étant plus récente et leur propulsion en majorité diesel-électrique, mais surtout ils ne sont « que » 330 paquebots à fréquenter les mers du globe actuellement (400 paquebots à l’horizon 2030). Une contingent à mettre en regard des 93 100 navires qui croisent en mer (au 1er janvier 2017, données CNUCED). Les porte-conteneurs contribuent à plus de 60 % de la production totale de CO2 du transport maritime.

Première compagnie mondiale de transport maritime par conteneurs avec 709 navires dont 309 en propriété, Maersk Line détient 17,8 % de la capacité mondiale conteneurisée, soit un peu plus de 4 M EVP. 

--- Adeline Descamps ---