©Maersk Drilling

 

La compagnie danoise s’est engagée, par une déclaration en fin de semaine dernière et avec objectifs et calendrier à l’appui, à « devenir plus respectueuse du climat » en réduisant de moitié ses émissions génératrices de gaz à effet de serre. En prenant 2019 pour année de référence et une décennie pour fenêtre de tir. Ambitieux.

« Nous avons un horizon de dix ans, ce qui signifie que nous devons être innovants », a posé Jørn Madsen, le PDG de Maersk Drilling, opérateur de plateformes de forage pour les compagnies pétrolières. La compagnie danoise s’est engagée à réduire de moitié ses émissions de CO2 par rapport à 2019 et en dix ans. Exigeant. De mémoire de médias, c’est la première fois que l’entreprise, ancienne filiale du groupe A.P. Møller - Maersk (désolidarisée et cotée en bourse en février 2019), s’aventure à émettre des objectifs concrets, chiffrés et datés. 

Jørn Madsen ne croit manifestement pas à la capacité des énergies nouvelles à remplacer « toute la production d'énergie traditionnelle ». « La réponse doit donc consister à fournir une énergie abordable, y compris le pétrole et le gaz, tout en maîtrisant les émissions de CO2. Notre contribution à un avenir énergétique durable vise à explorer les voies qui permettront de réduire autant que possible l'intensité en carbone de l'extraction du pétrole et du gaz », poursuit le dirigeant, qui pense notamment au stockage de C02.

Le dirigeant de Maersk Drilling se veut rassurant

Trois paramètres de mesure

Les objectifs seront mesurés en tonnes d'émissions de CO2 en fonction de trois paramètres : le nombre de jours de contrat, la profondeur du forage et les revenus. Le suivi de ces objectifs sera formalisé, comme il se doit, dans le rapport de durabilité de l'entreprise, publié en même temps que le rapport annuel.

Maersk Drilling estime qu'environ la moitié de l'objectif peut être atteint grâce à de nouveaux gains d'efficacité et à des solutions et concepts techniques sur lesquelles planche ou qu’a déjà mis en œuvre l'entreprise, tandis que l'autre moitié sera facilitée par des investissements dans des technologies innovantes.

Maersk Drilling sera cotée en bourse le 4 avril

Budget ?

L’entreprise n’a pas fait mention d’un quelconque budget mais laisse entendre qu’elle pourra répercuter une partie des coûts sur ses clients, à savoir les compagnies pétrolières. D’autant que « c’est un sujet de préoccupation également pour elles » et que « nos objectifs en la matière sont conformes à ceux de la plupart des compagnies pétrolières et gazières pour 2030 ».

« Nous sommes très confiants dans le fait que nous trouverons des solutions que les clients jugeront également intéressantes. En Norvège, par exemple, les compagnies doivent payer des taxes sur le NOx (oxydes d’azote) et le CO2. Chaque fois que nous réduisons la consommation, nos clients économisent aussi de l'argent », explique le directeur général.

Maersk Drilling entend en effet faire d’une offre différenciée dans le domaine du forage offshore à faible émission un argument de vente commercial et estime avoir une longueur d’avance « en tirant parti de [sa] vaste expérience en Norvège, où les exigences en matière de durabilité sont très élevées », déclare Jørn Madsen.

Premières victimes dans l'offshore

Des expériences déjà menées

La compagnie a déjà pris des initiatives en la matière, en testant notamment des batteries sur un jack up en Norvège et en rétrofitant deux grandes plateformes pour en faire des installations hybrides à faibles émissions. En juin, Maersk Drilling a rejoint un consortium visant à développer un projet de capture et de stockage du CO2.

Adeline Descamps