Le port de Lomé, hub de MSC au au Togo, a été choisi comme site temporaire de transit.

 

Pour éviter aux expéditeurs les coûts élevés d'entreposage, surestaries et autres indemnités journalières dans les ports de déchargement, les transporteurs offrent à leur clientèle la possibilité de stocker temporairement leurs conteneurs dans des zones tampons jusqu’à ce que le réceptionnaire soit prêt à les recevoir à la destination finale prévue au connaissement. 

« La propagation du Covid-19 a créé un problème de santé publique sans précédent dans notre vie, déclenchant un choc inattendu pour les sociétés et les économies », a posé dans une lettre ouverte en date du 6 avril Diego Aponte, le PDG de MSC. « Alors que nous naviguons sur ces mers inexplorées, MSC a un rôle crucial à jouer. En tant que rouage essentiel du commerce mondial, il est impératif que nous, ainsi que nos clients, maintenions le monde en mouvement malgré les conditions d'exploitation difficiles que nous connaissons tous. Nous mettons également de plus en plus en œuvre de nouvelles solutions et innovons pour nous adapter à l'environnement difficile actuel ».

En guise d’exemple, dans cette même lettre, le patron de MSC évoquait la mise en oeuvre d’une solution « de suspension du transit des transports maritimes par conteneurs » que le transporteur a marketé « SOT ». En clair, le transporteur italo-suisse propose à ses clients depuis le 1er avril des sites de transit temporaires pour les conteneurs qui, autrement, seraient retardés dans les ports de l'UE à leur livraison. Une stratégie similaire avait été employée en Asie de l'Est en février, lorsque des boîtes à destination de la Chine avait été transférées à Busan, en Corée du Sud, en attendant la reprise des opérations normales dans les ports chinois.

« Des signes positifs de reprise ont commencé à apparaître en Chine et des usines ont repris leur production, mais les principaux ports de destination ne sont peut-être pas prêts à décharger tous les conteneurs. Les clients confrontés à des coûts de stockage élevés à destination, à des frais de dédouanement peuvent ainsi demander à MSC de suspendre le transit de leurs marchandises et de les faire stocker dans l'un des six ports tampons », indique-t-il.

Six ports choisis

Tout en épargnant aux chargeurs les coûts de stationnement élevés dans les ports, la solution vise aussi à libérer de l'espace au point d'origine de la cargaison (usines et entrepôts asiatiques) de façon à jouer sur les stocks. Et aux ports de destination, de limiter le risque d'encombrement et de surcharge des terminaux. Du moins, c’est ainsi que le conçoit et le verbalise MSC.

Le transporteur a ainsi réservé, dans un premier temps, de l'espace dans les terminaux à conteneurs de six de ses hubs, en sortie d’Asie : Bremerhaven en Allemagne, Busan en Corée du Sud, King Abdullah Port en Arabie Saoudite, Lomé au Togo, le terminal international de Balboa Rodman PSA Panama au Panama et Tekirdag Asja en Turquie. Il vient d’étoffer son maillage en élargissant cette offre à d’autres sites, Freeport aux Bahamas, Gioia Tauro en Italie, Klaipéda en Lituanie et Las Palmas en Espagne.

CMA CGM propose une offre similaire depuis le 9 avril, appelée « delay in transit ». Dans huit hubs – Kingston (marchandises vers les Amériques), Algésiras et Le Pirée (vers l’Europe du nord), Algésiras et Malte (vers l’Ouest de la Méditerranée et l’Adriatique), Tripoli (vers l’Est de la Méditerranée et la Mer Noire), Tanger Med (vers l’Afrique de l’Ouest), Singapour et Pusan (vers l’Asie et le Pacifique). Les clients ont la possibilité de stocker temporairement leurs conteneurs jusqu’à ce que le réceptionnaire soit prêt à les recevoir à la destination finale prévue au connaissement. « Cette nouvelle solution permet aux clients de maîtriser et réduire les coûts liés à l’entreposage, au stockage et autres frais qui pourraient s’ajouter lors de l’acheminement de leurs marchandises », assure également l’armement français.

A.D.